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Discours du Président Reagan, Omaha Beach, 
6 juin 1984

Le président Reagan à La Pointe du Hoc
Nous nous tenons aujourd'hui à l'endroit même d'une bataille, qui il y a 40 ans a montré le pire visage de la guerre. Des hommes ont souffert et sont morts ici, à quelques mètres de nous, sur ce sable, décimés par la riposte ennemie. En parlant d'eux, le Général Omar Bradley a dit plus tard, "Chaque homme qui a posé le pied sur la plage d'Omaha le jour J était un héros."

Certains qui ont survécu à cette bataille du 6 juin 1944, sont ici aujourd'hui. D'autres encore ont souhaité ne plus jamais y  retourner  . Peter Robert Zannata, du trente-septième bataillon du Génie et qui débarqua avec la première vague d'assaut à OMAHA a dit, un jour, a sa fille . "Un jour, Je retournerai là-bas, Lisa, et je verrai à nouveau tout cela. Je verrai la plage, les obstacles, et les tombes."

Ces mots du soldat Zanatta nous ont été rapportés par sa fille, Lisa Zanatta Henn, nous relatant l'histoire déchirante de son père, qui se retrouva au coeur de cet événement . De son père, elle nous a dit  " le débarquement de Normandie avait changé sa vie à jamais"  . Il lui a beaucoup parlé de la seconde guerre mondiale, mais  "l'histoire qui clôturait toutes les histoires était toujours celle du D-Day."

"A travers les mots de mon père, j'ai moi aussi éprouvé l'angoisse des soldats sur leur péniche, attendant l'assaut, j'ai senti l'iode de cet océan déchainé et ressenti leur mal de mer,  j'ai pu croiser leurs regards, la crainte sur les visages de ses camarades, l'angoisse, l'incertitude de ce qui les attendait. Et quand ils ont débarqué, j'ai senti le courage et la force qui animait cette première vague, j'ai aussi ressenti ce que pouvait être la mort instantanée."

La fille du private Zannata privé m'a écrit, "Je ne sais pas comment ou pourquoi je puis sentir tout cela, cette crainte, cette détermination, mais je les ai vraiment ressenties, ça je le sais .Peut-être grâce aux liens que j'ai eus avec mon père. Tout que je sais c'est que des larmes me montent aux yeux en pensant à mon père, ce jeune garçon d'une vingtaine d'années, jeté sur la plage d'OMAHA. L'anniversaire du D-Day était toujours particulier, dans notre famille".

Et comme toutes les familles de ceux qui sont allés faire la guerre, elle m'a décrit comment elle en était venue à réaliser que la survie de son propre père était un miracle: "Tant d'hommes sont morts. Je sais que mon père a vu plusieurs de ses amis se faire tuer. Je sais qu'il a dû mourir à chaque fois qu'il a pensé à eux . Mais son explication à lui  était : "Nous devions prendre cette plage et nous l'avons fait"....

Quand ces hommes comme le private Zannata , ont débarqué sur les plages alliés il y a quarante ans, ils ne sont pas venus en conquérants, mais en libérateurs. Quand ces troupes ont pris pied sur le sol de France, mais aussi de Belgique ou du Luxembourg, elles ne sont pas venues pour prendre, mais au contraire, rendre ce qui avait été pris. Quand nos forces ont franchi l'Allemagne elle n'y sont pas venues pour écraser un peuple défait , mais pour semer les graines de la démocratie, pour tout ceux qui aspiraient à un monde libre .

Nous les saluons aujourd'hui. Mais, M. le Président ( Francois Mitterand, France ), nous saluons également ceux qui, comme vous-même,  resistants, engageaient déjà l'ennemi à l'intérieur de votre pays .Votre lutte courageuse pour la France a fait tellement pour harceler l'ennemi et permettre l'avance des armées de la libération... Les forces françaises de l'intérieur personnifieront pour toujours le courage et l'esprit national. Elles seront une source d'inspiration pour tout ceux qui sont libres et pour tous ceux qui aspirent à la Liberté.

Aujourd'hui, pour leur mémoire, pour tous ceux qui ont combattu ici, nous  célébrons le triomphe de la démocratie. Nous réaffirmons les  principes démocratiques avec tous ceux  qui ont oeuvré dans cette  guerre, unis et vainqueurs, résolus fermement à la préservation de la paix .D'une guerre terrible nous avons appris que cette solidarité qui nous rend invincibles; maintenant, dans la paix, c'est cette même unité nous rassemble .

Nous avons  souhaité rassembler toutes les nations amoureuses de la paix et de la conservation de nos valeurs sacrées. Notre   alliance, forgée dans la cruauté de la guerre, a pris forme. En Europe, la menace a été preservée, la paix est souveraine.

Aujourd'hui, nous sommes tous rassemblés pour rendre hommage à tout ce que les vétérans ont réalisé ici,  il y a 40 ans. Cette terre est paisible.  Nous sommes libres. Ces choses valent la peine de combattre et mourir pour elles. Lisa Zannata Henn a commencé son histoire en citant son père, qui a promis qu'il reviendrait à la Normandie. Elle a fini avec la promesse faite  à son père, qui  est mort il y a 8 ans de cancer: "j'irai là-bas, papa, et je verrai pour toi  les plages, les obstacles et les monuments. Je verrai les tombes, et je mettrai des fleurs là,  juste à l'endroit où tu aurais voulu les mettre. Je n'oublierai jamais votre volonté à tous,  je ferai en sorte que personne n'oublie. Et, papa, je serai toujours fière de toi."

Par ces mots exprimés à sa fille , qui est ici avec nous aujourd'hui, un vétéran du D-Day nous a montré la signification de ce jour bien mieux  que n'importe quel président ne le pourrait. Nous devons dire au private Zannata et à toux ceux qui ont eu l'honneur et le courage de combattre avec lui, il y a quarante ans : "Nous n'oublierons jamais. Nous serons toujours fiers de vous. Nous
aurons aussi, toujours, cette volonté d'être prêts. Ainsi nous pourrons demeurer libres."

                                                                                                                                               Merci.