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Le 6 juin 1944, les 82ème et 101ème Divisions Aéroportées (13.000 hommes) sont larguées sur la Manche... Il est un peu plus de 22h15 en Angleterre lorsque 822 Douglas C47 décollent, emportant chacun un stick de 18 parachutistes. 22 équipes de pathinfders sont déjà entrées en scène avec pour mission de baliser les Drop Zones. L'US Airborne va écrire, en Normandie, l'une des plus belles pages de son histoire. Au prix de lourds sacrifices...


Organigramme 82ème AB
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Organigramme 101ème AB
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Témoignage de Jack Schlegel
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Témoignage de G. Dubosc
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Témoignage de Marcus Heim
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Chants Paras US
 

Bibliographie

- 39-45 Magazine n° 40, juin 1989. Les Paras Américains en Normandie, Y.Buffetaut

- 39-45 Magazine, n° 96, juin 1994. Les premiers paras Américains sur le sol Normand, G.Bernage

- Débarquement à Utah Beach. Editions Heimdal. Georges Bernage, Bernard Paich et Philippe Lejuée

Les aérodromes de départ
des paras US.

82ème AIRBORNE
Fulbeck, Barkston Health, Saltby, North Witham, Folkingham, Cottesmore, Spanhoe

101ème AIRBORNE
Welford, Membury, Ramsbury, Greenham, Common, Aldermaston, Merryfield et Upoterry

 

Planeur Américain "Waco", servant au transport des Gliders Infantery Regiment en particulier.Le Waco pouvait transporter 15 hommes ou une jeep, la moitié seulement du planeur Anglais "Horsa". Cet appareil sera d'ailleurs également utilisé par les Américains, le 6 juin 1944.


Alors que l'Allemagne utilise les troupes aéroportées depuis quelque temps déjà, ce n'est que le 19 juin 1942 que les Etats Unis adoptent le principe de création d'unités spécifiques. Parodoxalement, les forces de l'axe vont s'éloigner de ce moyen d'assaut, dont les pertes lors de l'opération aéroportée en Crète furent les plus importantes jamais subies par l'Allemagne en une seule journée de combat, depuis son entrée en guerre. Les alliés vont du reste se pencher sur les causes de ce semi-échec ennemi afin d'en retirer les enseignements de nature à entrevoir une certaine forme de succès pour les opérations à venir. L'avion de transport retenu est le Douglas C47 (Skytrain pour les Américains). 

Il est décidé dans un premier temps de privilégier les troupes aérotransportées par planeurs (deux régiments) au détriment des unités aéroportées (un seul régiment par division). Finalement, la mouture finale prévoiera un seul régiment de Gliders (planeurs) à 3 bataillons pour 3 régiments parachutistes à 3 bataillons chacun. Cet organigramme sera d'ailleurs celui adopté par les 82ème et 101ème Airborne en Normandie. Les débuts de ces nouvelles unités  sont d'ailleurs tendus, non pas pour des raisons techniques ou de recrutement, mais en raison de la perception de la prime de saut mensuelles par les recrues. D'un montant de 100 $ pour les officiers et 50 $ pour les hommes de troupe, elle n'est accordée qu'aux parachutistes et non aux Gliders troopers, alors que les risques encourus par ceux-ci sont au moins aussi important que ceux acceptés par les parachutistes. Ce n'est d'ailleurs qu'en juillet 1944, après avoir payé un lourd tribut au Jour J que les troupes aérotransportées recevront cette fameuse prime mensuelle !..

Cette photo a fait le tour du monde. Ce soldat de la 82th Airborne est le Lieutenant Keslo C. Horne. Le cliché a été pris à proximité de Saint Sauveur le Vicomte, en juin 1944. (US Army)

AMERS COMBATS
Les débuts opérationnels de la toute nouvelle arme aéroportées sont loin d'être à la hauteur des espoirs du commandement. La première mission confiée à une unité parachutiste Américaine consiste en la prise de deux aéroports en Algérie, placés sous le contrôle de l'Armée Vichyste : La Senia et Tafaraoui. 39 Dakota décollent le 7 novembre 1942 du sud de l'Angleterre. Les pilotes dont il s'agit de la première mission pour la plupart d'entre eux souffrent d'un cruel manque d'expérience. 7 appareils n'atteindront jamais leur but et se poseront à Gibraltar, à proximité d'Oran et au Maroc Français. Les appareils restants seront forcés de se poser à 50 kilomètres du but. Seuls trois appareils ayant une autonomie satisfaisante décollent de nouveau vers l'objectif. Mais, la chasse Française prend le convoi à partie ; un atterissage en catastrophe reste la seule issue ; trois paras et deux pilotes seront tués, quinze autres soldats blessés. Le reste du bataillon (300 hommes) sera pris en charge par une colonne Américaine, les objectifs ayant finalement pris par des éléments blindés. Cette première opération est un terrible fiasco. L'histoire oubliera finalement que les  premiers morts dans les rangs de  l'US Airborne seront tombés au combat face à des éléments Français... Dans moins de deux ans, pourtant, c'est pour la libération de la France et celle de l'Europe que 13.000 hommes sauteront sur la Normandie... Cruelle ironie du sort.

Exceptionnelle photo en couleurs  prise en juillet 1944. Il s'agit d'un groupe de Pathfinders de la 101ème Airborne. (collection M.de Trez)

La seconde opération impliquant des paras Américains prévoit la prise d'un autre aérodrome Français à Youks les Bains (Algérie).
Cette fois-ci les Français refusent d'ouvrir le feu sur leurs alliés de la Grande Guerre, alors que bien retranchés dans leurs positions, ils avaient la possibilité de transformer l'assaut en massacre. Quelques semaines plus tard, le 26 décembre 1942, la prise d'un pont en Tunisie est confiée à un détachement de 30 hommes. L'élement manque totalement son objectif, seuls 7 hommes regagneront un mois plus tard les lignes alliées. Ces piètres resultats ne sont guère convaincants pour le commandement Américain, qui envisage d'arrêter là l'expérience aéroportée. Fort heureusement, les évènements qui vont suivre dès 1943 donneront à l'US Airborne le crédit qui lui faisait défaut.

En Sicile, la 82ème Airborne se distinguera par son courage et sa vaillance au combat, mais les errements continuent, engendrés par un concept d'utilisation encore balbutiant. Les parachutistes ne sont largués que lors d'opérations diurnes, qui les rendent très vulnérables. Ainsi, le 11 juillet 1943, une opération de renforcement tourne au carnage, presque de la moitié des avions  sont détruits ou endommagés, les pertes atteignent 250 hommes. Pourtant l'ennemi a une vision très différente des choses et du coté Allemand il est acquis que sans l'intervention des paras Américains , la division Hermann Goëring aurait empêcher la tête de pont alliée en Sicile.

A l'issue du débarquement de Sicile, la 82ème Airborne est déplacée à Belfast, tandis que la 101ème se retrouve en Angleterre. Le jour J se profile, même si les doctrines opposées caractérisent la préparation d'Overlord. Le general Marshall est favorable à une invasion à dominante aéroportée, alors que le débarquement naval n'agira qu'en complément. A l'opposé, le General Mallory est resolument opposé à ce projet, estimant que les pertes s'éleveraient à au moins 70 pour cent des personnels engagés. Finalement, Eisonenhower tranchera en faveur d'opérations "commandos" nocturnes, dans  les heures précédant le débarquement. Les deux divisions Américaines seront placées sous le commandement opérationnel du general Omar Bradley, commandant la 1st US Army. Le rôle confié aux parachutistes sera de bloquer toute tentative de contre attaque Allemande lors du débarquement, moment où les têtes de pont restent très fragiles.

MISSIONS DU JOUR J

La 82nd sera parachutée entre Sainte Mère Eglise et Pont l'Abbé et après avoir assuré l'assise de ses positions sur le Merderet et Sainte Mère Eglise, préparera l'offensive vers Saint Sauveur le Vicomte et la coupure de la partie Nord du Cotentin. La 101ème sera larguée au sud-est de Sainte Mère Eglise et fera sauter les ponts vers Carentan, prendra les passages sur la Douve à Pont l'Abbé et Beuzeville la Bastille dans un souci de protection de la tête de pont.

LES PATHFINDERS
 

Chaque division, en théorie, compte 18 équipes, commandées par un officier. Pour Overlord, 11 équipes  par division seront à pied d'oeuvre. Il est 21h50, ce 5 juin 1944 lorsque les C 47 transportant les sticks décollent d'Angleterre. Les eclaireurs Américains, commandés par le capitaine Lillyman (photo ci-contre) pour la 101ème et le major Neal L. Roberts pour la 82ème seront le premiers soldats du Jour J sur le sol Normand.

Ils devront baliser les zones de saut (DZ) et d'atterissage de planeurs (L5), permettant ainsi une précision optimale des largages en masse. Pour ce faire, ils sont munis de types de balises : les balises lumineuses (Halifare Lights)  et le système "Eureka". Les premières offrent un éclairage puissant, visible du ciel jusqu'à une altitude de 10 milles. "L'Eurêka Radar Set" est un mini radar relié à une antenne télécospique de 60 cm de hauteur, permettant d'indiquer en morse, les positions aux avions de transport.

Le capitaine Franck Lillyman est le premier allié à sauter sur la Normandie. Il est 0h 15 lorsqu'il s'élance à proximité de St Germain de Varreville. Si pour le groupe de Lillyman, tout se passe comme prévu après un regroupement du stick à proximité de l'eglise de cette commune, les pathinfinders auront toutes les peines du monde à mener leur mission à bien. Beaucoup seront largués trop loin de la DZ à baliser, d'autres encore seront tués ou capturés. Ces difficultés ne seront pas sans conséquences pour le gros du parachutage Américain, dont les sticks vont pour certains se retrouvés isolés ou éparpillés sur tout le Cotentin. Ainsi, les paras devront-ils accomplir leurs missions respectives avec, bien souvent, moins du tiers de leur effectif. 

 

Le Capitaine Franck Lillyman, chef des Eclaireurs de la 101ème AB en Normandie. (collection M.de Trez)

PLAN DE PARACHUTAGE D'OVERLORD

Les parachutistes Américains seront largués dans un quadrilatère Pont l'Abbé - Carentan - Neuville au Plain - Sainte Marie du Mont. La 82ème AB sera positionné à l'ouest du dispositif, tandis que les "Screming Eagles" se tiendront en position défensive sur une ligne Turqueville - Carentan, à proximité d'Utah Beach. Une centaine de Mosquitos assure la protection des convois.

Dans la pratique, le plan de largage ne pourra être respecté. Les resultats sont même proches de la catastrophe. Seuls le 505th PIR (82ème AB) et le 506th PIR (101ème AB) atterriront sur les DZ prévues. Les autres régiments des deux divisions touchent le sol totalement dispersés, le 508 th PIR se trouve éparpillé sur l'ensemble du Cotentin. De nombreux soldats sont épuisés et s'endorment une fois à couvert, resultat de la fatigue nerveuse et d'une consommation exagérée de Drapomine, médicament contre le mal de l'air et de mer. Fort heureusement, la valeur combattante des unités ennemies est globalement assez médiocre. 06.92.03.35.68 

Contrairement aux idées reçues, en particulier certaines séquences du "Jour le Plus Long", les parachutistes n'ont pas été massacrés en vol avant d'avoir touché le sol... L'obscurité ne s'y prêtait pas, même si la lune offrait un éclairage relatif... De plus, un objectif en mouvement est très difficile à atteindre... Les marais inondés, les largages approximatifs, à trop grande vitesse ou effectués au dessus de la mer, les planeurs s'écrasant contre des obstacles seront bien plus meurtriers. De nombreux paras seront d'ailleurs sauvés de la mort certaine par des Normands, dont Maurice Dubosc et sa fille Geneviève. Les criquets, sortis des poches des vestes de saut ne seront pas toujours d'un grand secours. Les groupes sont dispersés et doivent bien souvent se résoudre à partir à la recherche d'autres éléments de leur unité . Pour les paras US, le jour J débute dans la confusion. La riposte ennemie n'est guère virulante, mais la vision de ce fantastique convoi de 1000 bimoteurs a offert un spectacle tout aussi grandiose que dissuasif.

Les Allemands se dispersent également à la poursuite de mannequins de latex, les fameux "Rupper", qui tombent au sol en déclenchant la mise à feu d'une gerbe de pétards très réalistes.  A proximité de Sainte Mère Eglise, une partie du 505ème PIR (82ème Airborne) à réussi à se regrouper... Vers 3h00 le 6 juin, environ 100 paras sous les ordres du Lieutenant Colonel Krause  investissent le village, qui s'apprête lui aussi à vivre le jour le plus long de son histoire, ce qui n'ira malheureusement pas  sans son lot de souffrances.

SAINTE MERE EGLISE

Pour ce village qui deviendra légende, les évènements débutent le 5 juin vers 23h00. Un bombardement embrase un bâtiment du centre ville, la maison de Julie Pommier (Aujourd'hui, cette demeure n'existe plus mais son emplacement, à l'intérieur de l'enceinte du musée des Troupes Aéroportées est indiqué). Alors que les habitants du voisinage aidés des pompiers et du maire Alexandre Renaud, tentent d'éteindre l'incendie, les premières corroles se dessinent dans le ciel Normand. Les paras atterissant en centre bourg connaitront un triste sort, deux sticks du 506th (101st Ab, parachutés par erreur à cet endroit...) seront massacrés par une unité allemande du Train, présente dans la localité. Malgré l'évènement, ceux-ci retourneront se coucher dès la fin de l'affrontement !

Le Pvt John Steele (82ème Ab) deviendra, bien malgré lui l'une des figures emblématiques du D.day  : il est blessé par un éclat de flak alors qu'il se trouvait encore dans les airs ; il atterrit droit sur le clocher de l'église, mais par miracle il évite le choc fatal au dernier moment, son parachute venant s'accrocher à l'un des pignons d'angles. Un Allemand a vu la scène, mais ne lui tire pas dessus, de peur d'être décelé et abattu à son tour. Steele restera ainsi de longues heures, assourdi par le bruit des cloches sonnant le tocsin, avant qu'un soldat ennemi ne monte jusqu'en haut du clocher, le hisse puis l'aide a redescendre les marches ; le para demeurera prisonnier quelques jours avant de parvenir à s'échapper et regagner les lignes alliés.
 

 

      LE RECIT D'ALEXANDRE RENAUD
(Maire de Ste Mère Eglise le 6 juin 1944)
... "Nous venions de nous étendre sur nos lits et commencions à sommeiller quand de violents coups heurtèrent la porte de la maison. Je me levai. On venait m'avertir que le feu dévorait une villa, de l'autre côté de la place, à l'entrée du parc de la Haule. Les  pompiers esssayaient en vain de maitriser l'incendie. On fit la chaîne jusqu'à la pompe du marché à veaux. Les hommes couraient, leurs seaux de toile  à la main, et en jetaient le contenu dans un grand baquet. Au travers des bosquets, on apercevait de grandes ombres qui s'affairaient. Le vent courbait les flammes et des parcelles de papier et de foin embrasées tourbillonnaient vers une grange située vingt mètres plus loin et garnie de paille et de bois. Dans les airs, les gros bombardiers passaient en vagues lourdes d'ouest en est. Les mitrailleuses croisaient leur feu au dessus de nous., et des centaines de grosses mouches lumineuses sifflaient, miaulaient et chuintaient, claquant parfois sur les murs de la maison en flammes.
Les Flak, en tenue de combat, l'arme chargée, nous regardaient. Les éclatements de grosses bombes, au loin, ébranlaient la terre. Soudain, le tocsin sonna, triste, lugubre, à coups précipités. Le malheur était sur Sainte Mère Eglise et la cloche appelait à l'aide. A ce moment précis, de gros avions de transport, tous feux allumés passèrent en rase-motte au dessus des arbres, d'autres suivirent immédiatement, puis d'autres encore... ils arrivaient de l'ouest en longues vagues, presque silencieux, et leurs grandes ombres se projetaient sur la terre.
Soudain, de gros confetti sortirent de leurs carlingues et descendirent rapidement vers la terre. Des parachutistes ! ... Le travail de pompe s'interrompit, toutes les têtes se levèrent, les Flak ouvrirent le feu. Tout autour de nous, les parachutes s'abattaient lourdement sur le sol. Aux lueurs de l'incendie, nous apercevions distinctement l'homme, qui au bout de ses cables, manoeuvrait son parachute. L'un d'eux, moins habile peut être, vint s'écraser au milieu des flammes. Des étincelles jaillirent et le feu devint plus ardent. Un autre atteint par les balles eut une violente contraction des jambes ; ses bras levés s'abaissèrent. Le grand parachute gonflé par le vent violent, roula longtemps sur la prairie l'homme qui ne resistait pas : c'était un mort...

Dans un vieil arbre tout couvert de lierre, un grand voile blanc pendait, et à son extrémité, nous vîmes remuer un homme. Agrippé aux branches, doucement, comme un reptile, il descendait. Puis il essaya de détacher sa ceinture, les Flak l'aperçurent. A quelques mètres, les mitrailleuses firent entendre leur crépitement sinistre ; les mains du malheureux retombèrent, le corps oscilla et pendit mollement au bout de ses câbles. Devant nous, à quelques centaines de mètres de la scierie, un gros avion de transport s'écrasa au sol, et bientôt un deuxième incendie fit rage. Le tocsin lançait toujours son appel d'alarme. Nous étions maintenant en pleine zone de tir de la mitrailleuse du clocher et les balles claquaient sur le sol, non loin de nous.

La nuit était douce, et la lune la déchirait en larges bandes de lumière. Pendant ce temps, à la pompe, un parachutiste surgit brusquement de l'ombre, au milieu des nôtres. Il braqua sur nous sa mitraillette, mais se rendant compte que nous étions des Français, il ne tira pas. Une sentinelle allemande cachée derrière un arbre poussa un grand cri et s'enfuit à toutes jambes. Le parachutiste essaya de poser quelques questions, mais personne dans ce groupe ne parlant Anglais, il traversa la route et se perdit dans la nuit. Au-dessus de l'incendie, sans arrêt, les grands avions glissaient et jetaient leurs cargaisons humaines de l'autre côté du cimetière. Bientôt les Flak, réalisant l'importance de l'évènement, nous donnèrent l'ordre de rentrer au plus vite. Sur la place, un soldat allemand nous croisa : - Parachutistes "Tommies', tous kaput !!!.. nous dit-il. Et il tint à nous montrer le corps d'un homme étendu près de son parachute"...

                    Alexandre Renaud
Sainte Mère Eglise, première tête de pont Américaine
Editions O. Pathé,  2ème trimestre 1955.
Au même moment, Des paras de la compagnie I du 505th PIR se rassemblent progressivement à l'est du bourg. Sainte Mère est investi par de nouveaux éléments, du 3th Bataillon , dès 4h00, sous la conduite du Lieutenant Colonel Krause. Elle sera libérée à 05h 30. toutes les tentatives de contre-attaque Allemandes vont péricliter les unes après les autres, la population n'étant pas épargnée par ces combats sans merci. La protection vers le nord est assurée par le 2/505, dont le chef, le Lt-Colonel Vandervoort aura la cheville fracturée en atterissant. Il sera transporté, à sa demande dans une remorque à munitions. Pas question pour l'officier d'abandonner ses paras... Le bataillon s'installe à Neuville au Plain. Le Pont de la Fière est tenu dès les premières par des éléments disparates du 505th/3th Bataillon et du 507th PIR. Comme à Sainte Mère, les contre attaques Allemandes échoueront. Le Pfc Marcus Heim est pourvoyeur lance-roquette. Il vivra la totalité des combats. Vers Picauville, le général Falley est abattu par une patrouille du 508th PIR, dont fait partie le caporal Jack Shlegel. Falley sera le premier officier général Allemand tué lors de la bataille de Normandie.

Les pertes subies par les paras du Jour J seront très sensiblement inférieures à celles envisagées. L'ensemble des missions de l'US Airborne est en voie d'être accompli, mais la bataille de Normandie ne fait que commencer pour la "All American Division".

 

SECTEUR UTAH BEACH

Cette zone est impartie à la 101st Airborne. Quelques dizaines de minutes après le parachutage des Pathinfders de Franck Lillyman, les 6600 paras de la division sautent à leur tour sur leurs objectifs. Il est un peu plus de minuit ce 6 juin 1944. Trois DZ sont attribués au Screaming Eagles : la "A" au sud-ouest de Saint Martin de Varreville (502th PIR), la "C" (506th PIR) à l'ouest de Sainte Marie du Mont et la "D" à proximité d'Angoville au Plain. Les parachutages sont très imprécis, de nombreux sticks se retrouveront à l'extérieur des zones.... Environ 1500 soldats seront tués ou capturés. Il régne la plus grande confusion, les unités ne peuvent être reconstituées. Le 3/506th PIR s'est posé en plein milieu du dispositif ennemi. Il s'y fera massacrer. Les morts se comptent par dizaines, dont le colonel Wolverton, commandant le bataillon. Ailleurs, on forme dans l'urgence de petits groupes de marches disparates où tous les Régiments s'imbriquent sans distinction d'appartenance. A Saint Martin de Varreville, le1/ 502th PIR a pour mission de détruire une batterie ; le Lt Colonel Cassidy prend ainsi la tête d'un détachement qui effectue la jonction avec le Capitaine Lillyman.... Finalement, la batterie a déjà été détruite. Le bataillon se dirige vers Poupeville. Il en sera de même pour une seconde batterie, mission en principe confiée au 3/502.

Quelques éléments du 3/506th se regroupent et prennent un pont sur la Douve. Ils sont tout au plus une vingtaine, sous les ordres du Capitaine Shettle.

 

A Sainte Marie du Mont des paras de la 101ème distribuent des vivres à la population Normande. 

Malgré leur infériorité numérique, ils tiendront pendant plus de 24 heures face aux assauts Allemands. Leur action permettra de preserver un point de passage essentiel pour la tête de pont d'Utah Beach. L'action se poursuit dans le secteur d'Utah Beach, mais avec peu de moyens. Seulement 40 hommes sur 600 composant le PC Divisionnaire parviennent à se regrouper, mais pour la plupart sans leur matériel de radio, perdu ou détruit dans les marais. L'artillerie connait le même sort , seul un pack Howitzer de 75mm sur douze a pu être récupéré ; pas question d'appui pour les paras tant que le débarquement n'aura pas eu lieu.

Poupeville constitue l'un des objectifs essentiels de la 101ème Airborne. Vers 06h 00 du matin , un groupe de 80 hommes environ dans lequel le trouve le general Taylor donne l'assaut. Le combat dure plusieurs heures, la progression se fait maison par maison. Petit à petit, l'ennemi lâche prise. Sur les 640 hommes de la garnison, 38 se rendent au petit matin. Le reste a été tué, blessé ou disparu à grandes enjambées. Au petit matin, un char Sherman accompagné d'éléments d'infanterie du 8th Infantery Regiment (4ème D.I.US) se présente dans le bourg, maintenant tenu par les Screaming Eagles. La jonction vient d'être réalisée.

BILAN
Finalement, la plupart des objectifs ont été tenus, malgré la grande dispersion des unités. Il faudra attendre J+4 pour que les divisions récupèrent l'ensemble de leurs troupes. Le soir du 6 juin, à peine 25 pour cent du personnel se trouve sur les points à tenir. Les pertes seront beaucoup moins lourdes que prévu ; un peu plus de 10%..... Infiniment moins que les 90 pour cent envisagés un instant.