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Organigramme 82ème AB ______________ Organigramme
101ème AB
Témoignage
de Jack Schlegel
Témoignage
de G. Dubosc
Témoignage
de Marcus Heim
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La seconde opération
impliquant des paras Américains prévoit la prise d'un autre
aérodrome Français à Youks les Bains (Algérie).
Cette fois-ci les Français refusent d'ouvrir le feu sur leurs alliés de la Grande Guerre, alors que bien retranchés dans leurs positions, ils avaient la possibilité de transformer l'assaut en massacre. Quelques semaines plus tard, le 26 décembre 1942, la prise d'un pont en Tunisie est confiée à un détachement de 30 hommes. L'élement manque totalement son objectif, seuls 7 hommes regagneront un mois plus tard les lignes alliées. Ces piètres resultats ne sont guère convaincants pour le commandement Américain, qui envisage d'arrêter là l'expérience aéroportée. Fort heureusement, les évènements qui vont suivre dès 1943 donneront à l'US Airborne le crédit qui lui faisait défaut. |
En Sicile, la 82ème Airborne se distinguera par son courage et sa vaillance au combat, mais les errements continuent, engendrés par un concept d'utilisation encore balbutiant. Les parachutistes ne sont largués que lors d'opérations diurnes, qui les rendent très vulnérables. Ainsi, le 11 juillet 1943, une opération de renforcement tourne au carnage, presque de la moitié des avions sont détruits ou endommagés, les pertes atteignent 250 hommes. Pourtant l'ennemi a une vision très différente des choses et du coté Allemand il est acquis que sans l'intervention des paras Américains , la division Hermann Goëring aurait empêcher la tête de pont alliée en Sicile.
A l'issue du débarquement de Sicile, la 82ème Airborne est déplacée à Belfast, tandis que la 101ème se retrouve en Angleterre. Le jour J se profile, même si les doctrines opposées caractérisent la préparation d'Overlord. Le general Marshall est favorable à une invasion à dominante aéroportée, alors que le débarquement naval n'agira qu'en complément. A l'opposé, le General Mallory est resolument opposé à ce projet, estimant que les pertes s'éleveraient à au moins 70 pour cent des personnels engagés. Finalement, Eisonenhower tranchera en faveur d'opérations "commandos" nocturnes, dans les heures précédant le débarquement. Les deux divisions Américaines seront placées sous le commandement opérationnel du general Omar Bradley, commandant la 1st US Army. Le rôle confié aux parachutistes sera de bloquer toute tentative de contre attaque Allemande lors du débarquement, moment où les têtes de pont restent très fragiles.
MISSIONS DU JOUR J
La 82nd sera parachutée entre Sainte Mère Eglise et Pont l'Abbé et après avoir assuré l'assise de ses positions sur le Merderet et Sainte Mère Eglise, préparera l'offensive vers Saint Sauveur le Vicomte et la coupure de la partie Nord du Cotentin. La 101ème sera larguée au sud-est de Sainte Mère Eglise et fera sauter les ponts vers Carentan, prendra les passages sur la Douve à Pont l'Abbé et Beuzeville la Bastille dans un souci de protection de la tête de pont.
LES PATHFINDERS
| Chaque
division, en théorie, compte 18 équipes, commandées
par un officier. Pour Overlord, 11 équipes par division seront
à pied d'oeuvre. Il est 21h50, ce 5 juin 1944 lorsque les C 47 transportant
les sticks décollent d'Angleterre. Les eclaireurs Américains,
commandés par le capitaine Lillyman (photo ci-contre) pour la 101ème
et le major Neal L. Roberts pour la 82ème seront le premiers soldats
du Jour J sur le sol Normand.
Ils devront baliser les zones de saut (DZ) et d'atterissage de planeurs (L5), permettant ainsi une précision optimale des largages en masse. Pour ce faire, ils sont munis de types de balises : les balises lumineuses (Halifare Lights) et le système "Eureka". Les premières offrent un éclairage puissant, visible du ciel jusqu'à une altitude de 10 milles. "L'Eurêka Radar Set" est un mini radar relié à une antenne télécospique de 60 cm de hauteur, permettant d'indiquer en morse, les positions aux avions de transport. Le capitaine Franck Lillyman est le premier allié à sauter sur la Normandie. Il est 0h 15 lorsqu'il s'élance à proximité de St Germain de Varreville. Si pour le groupe de Lillyman, tout se passe comme prévu après un regroupement du stick à proximité de l'eglise de cette commune, les pathinfinders auront toutes les peines du monde à mener leur mission à bien. Beaucoup seront largués trop loin de la DZ à baliser, d'autres encore seront tués ou capturés. Ces difficultés ne seront pas sans conséquences pour le gros du parachutage Américain, dont les sticks vont pour certains se retrouvés isolés ou éparpillés sur tout le Cotentin. Ainsi, les paras devront-ils accomplir leurs missions respectives avec, bien souvent, moins du tiers de leur effectif.
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Le Capitaine Franck Lillyman, chef des Eclaireurs de la 101ème AB en Normandie. (collection M.de Trez) |
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Les parachutistes Américains seront largués dans un quadrilatère Pont l'Abbé - Carentan - Neuville au Plain - Sainte Marie du Mont. La 82ème AB sera positionné à l'ouest du dispositif, tandis que les "Screming Eagles" se tiendront en position défensive sur une ligne Turqueville - Carentan, à proximité d'Utah Beach. Une centaine de Mosquitos assure la protection des convois. Dans la pratique, le plan de largage ne pourra être respecté. Les resultats sont même proches de la catastrophe. Seuls le 505th PIR (82ème AB) et le 506th PIR (101ème AB) atterriront sur les DZ prévues. Les autres régiments des deux divisions touchent le sol totalement dispersés, le 508 th PIR se trouve éparpillé sur l'ensemble du Cotentin. De nombreux soldats sont épuisés et s'endorment une fois à couvert, resultat de la fatigue nerveuse et d'une consommation exagérée de Drapomine, médicament contre le mal de l'air et de mer. Fort heureusement, la valeur combattante des unités ennemies est globalement assez médiocre. 06.92.03.35.68 |
Les Allemands se dispersent également à la poursuite de mannequins de latex, les fameux "Rupper", qui tombent au sol en déclenchant la mise à feu d'une gerbe de pétards très réalistes. A proximité de Sainte Mère Eglise, une partie du 505ème PIR (82ème Airborne) à réussi à se regrouper... Vers 3h00 le 6 juin, environ 100 paras sous les ordres du Lieutenant Colonel Krause investissent le village, qui s'apprête lui aussi à vivre le jour le plus long de son histoire, ce qui n'ira malheureusement pas sans son lot de souffrances.
SAINTE MERE EGLISE
Pour ce village qui deviendra légende, les évènements débutent le 5 juin vers 23h00. Un bombardement embrase un bâtiment du centre ville, la maison de Julie Pommier (Aujourd'hui, cette demeure n'existe plus mais son emplacement, à l'intérieur de l'enceinte du musée des Troupes Aéroportées est indiqué). Alors que les habitants du voisinage aidés des pompiers et du maire Alexandre Renaud, tentent d'éteindre l'incendie, les premières corroles se dessinent dans le ciel Normand. Les paras atterissant en centre bourg connaitront un triste sort, deux sticks du 506th (101st Ab, parachutés par erreur à cet endroit...) seront massacrés par une unité allemande du Train, présente dans la localité. Malgré l'évènement, ceux-ci retourneront se coucher dès la fin de l'affrontement !
Le Pvt John Steele (82ème
Ab) deviendra, bien malgré lui l'une des figures emblématiques
du D.day : il est blessé par un éclat de flak alors
qu'il se trouvait encore dans les airs ; il atterrit droit sur le clocher
de l'église, mais par miracle il évite le choc fatal au dernier
moment, son parachute venant s'accrocher à l'un des pignons d'angles.
Un Allemand a vu la scène, mais ne lui tire pas dessus, de peur
d'être décelé et abattu à son tour. Steele restera
ainsi de longues heures, assourdi par le bruit des cloches sonnant le tocsin,
avant qu'un soldat ennemi ne monte jusqu'en haut du clocher, le hisse puis
l'aide a redescendre les marches ; le para demeurera prisonnier quelques
jours avant de parvenir à s'échapper et regagner les lignes
alliés.
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(Maire de Ste Mère Eglise le 6 juin 1944) ... "Nous venions de nous étendre sur nos lits et commencions à sommeiller quand de violents coups heurtèrent la porte de la maison. Je me levai. On venait m'avertir que le feu dévorait une villa, de l'autre côté de la place, à l'entrée du parc de la Haule. Les pompiers esssayaient en vain de maitriser l'incendie. On fit la chaîne jusqu'à la pompe du marché à veaux. Les hommes couraient, leurs seaux de toile à la main, et en jetaient le contenu dans un grand baquet. Au travers des bosquets, on apercevait de grandes ombres qui s'affairaient. Le vent courbait les flammes et des parcelles de papier et de foin embrasées tourbillonnaient vers une grange située vingt mètres plus loin et garnie de paille et de bois. Dans les airs, les gros bombardiers passaient en vagues lourdes d'ouest en est. Les mitrailleuses croisaient leur feu au dessus de nous., et des centaines de grosses mouches lumineuses sifflaient, miaulaient et chuintaient, claquant parfois sur les murs de la maison en flammes. Les Flak, en tenue de combat, l'arme chargée, nous regardaient. Les éclatements de grosses bombes, au loin, ébranlaient la terre. Soudain, le tocsin sonna, triste, lugubre, à coups précipités. Le malheur était sur Sainte Mère Eglise et la cloche appelait à l'aide. A ce moment précis, de gros avions de transport, tous feux allumés passèrent en rase-motte au dessus des arbres, d'autres suivirent immédiatement, puis d'autres encore... ils arrivaient de l'ouest en longues vagues, presque silencieux, et leurs grandes ombres se projetaient sur la terre. Soudain, de gros confetti sortirent de leurs carlingues et descendirent rapidement vers la terre. Des parachutistes ! ... Le travail de pompe s'interrompit, toutes les têtes se levèrent, les Flak ouvrirent le feu. Tout autour de nous, les parachutes s'abattaient lourdement sur le sol. Aux lueurs de l'incendie, nous apercevions distinctement l'homme, qui au bout de ses cables, manoeuvrait son parachute. L'un d'eux, moins habile peut être, vint s'écraser au milieu des flammes. Des étincelles jaillirent et le feu devint plus ardent. Un autre atteint par les balles eut une violente contraction des jambes ; ses bras levés s'abaissèrent. Le grand parachute gonflé par le vent violent, roula longtemps sur la prairie l'homme qui ne resistait pas : c'était un mort... |
| Au
même moment, Des paras de la compagnie I du 505th PIR se rassemblent
progressivement à l'est du bourg. Sainte Mère est investi
par de nouveaux éléments, du 3th Bataillon , dès 4h00,
sous la conduite du Lieutenant Colonel Krause. Elle sera libérée
à 05h 30. toutes les tentatives de contre-attaque Allemandes vont
péricliter les unes après les autres, la population n'étant
pas épargnée par ces combats sans merci. La protection vers
le nord est assurée par le 2/505, dont le chef, le Lt-Colonel Vandervoort
aura la cheville fracturée en atterissant. Il sera transporté,
à sa demande dans une remorque à munitions. Pas question
pour l'officier d'abandonner ses paras... Le bataillon s'installe à
Neuville au Plain. Le Pont de la Fière est tenu dès les premières
par des éléments disparates du 505th/3th Bataillon et du
507th PIR. Comme à Sainte Mère, les contre attaques Allemandes
échoueront. Le Pfc Marcus Heim est
pourvoyeur lance-roquette. Il vivra la totalité des combats. Vers
Picauville, le général Falley est abattu par une patrouille
du 508th PIR, dont fait partie le caporal Jack
Shlegel. Falley sera le premier officier général Allemand
tué lors de la bataille de Normandie.
Les pertes subies par les paras du Jour J seront très sensiblement inférieures à celles envisagées. L'ensemble des missions de l'US Airborne est en voie d'être accompli, mais la bataille de Normandie ne fait que commencer pour la "All American Division".
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| SECTEUR
UTAH BEACH
Cette zone est impartie à la 101st Airborne. Quelques dizaines de minutes après le parachutage des Pathinfders de Franck Lillyman, les 6600 paras de la division sautent à leur tour sur leurs objectifs. Il est un peu plus de minuit ce 6 juin 1944. Trois DZ sont attribués au Screaming Eagles : la "A" au sud-ouest de Saint Martin de Varreville (502th PIR), la "C" (506th PIR) à l'ouest de Sainte Marie du Mont et la "D" à proximité d'Angoville au Plain. Les parachutages sont très imprécis, de nombreux sticks se retrouveront à l'extérieur des zones.... Environ 1500 soldats seront tués ou capturés. Il régne la plus grande confusion, les unités ne peuvent être reconstituées. Le 3/506th PIR s'est posé en plein milieu du dispositif ennemi. Il s'y fera massacrer. Les morts se comptent par dizaines, dont le colonel Wolverton, commandant le bataillon. Ailleurs, on forme dans l'urgence de petits groupes de marches disparates où tous les Régiments s'imbriquent sans distinction d'appartenance. A Saint Martin de Varreville, le1/ 502th PIR a pour mission de détruire une batterie ; le Lt Colonel Cassidy prend ainsi la tête d'un détachement qui effectue la jonction avec le Capitaine Lillyman.... Finalement, la batterie a déjà été détruite. Le bataillon se dirige vers Poupeville. Il en sera de même pour une seconde batterie, mission en principe confiée au 3/502. Quelques éléments du 3/506th se regroupent et prennent un pont sur la Douve. Ils sont tout au plus une vingtaine, sous les ordres du Capitaine Shettle.
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A Sainte Marie du Mont des paras de la 101ème distribuent des vivres à la population Normande. |
Poupeville constitue l'un des objectifs essentiels de la 101ème Airborne. Vers 06h 00 du matin , un groupe de 80 hommes environ dans lequel le trouve le general Taylor donne l'assaut. Le combat dure plusieurs heures, la progression se fait maison par maison. Petit à petit, l'ennemi lâche prise. Sur les 640 hommes de la garnison, 38 se rendent au petit matin. Le reste a été tué, blessé ou disparu à grandes enjambées. Au petit matin, un char Sherman accompagné d'éléments d'infanterie du 8th Infantery Regiment (4ème D.I.US) se présente dans le bourg, maintenant tenu par les Screaming Eagles. La jonction vient d'être réalisée.
BILAN
Finalement, la plupart des
objectifs ont été tenus, malgré la grande dispersion
des unités. Il faudra attendre J+4 pour que les divisions récupèrent
l'ensemble de leurs troupes. Le soir du 6 juin, à peine 25 pour
cent du personnel se trouve sur les points à tenir. Les pertes seront
beaucoup moins lourdes que prévu ; un peu plus de 10%..... Infiniment
moins que les 90 pour cent envisagés un instant.