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Les alliés l'avaient compris à la première heure de la phase préparatoire d'Overlord : l'organisation de la Bataille de Normandie dans ses moindres détails conditionnerait la victoire finale des Alliés. Face à cette machine à prévoir, quels étaient les atouts de l'Axe ?
L'Etat major allié, ou figurent de la gauche vers la droite : General Bradley (1ère Armée Us), Amiral Ramsey (Sea Commander), Le marechal Tedder (Air commander adjoint), General Eisenhower (commandant suprême SHAEF), Marechal Montgomery (Ground Commander) Marechal Leigh Mallory (Air commander), general Bedel Smith (Air commander adjoint). Photo US Army
Cet organigramme soulèvera peu de commentaires, ce sera probablement l'un des facteurs du succès allié du Jour J. "Ike" est aussi respecté parmi les alliés que Keitel est décrié par ses pairs. L'organisation du SHAEF est simple à l'extrême, claire autant qu'elle épargne les susceptibilités, dont le meilleur exemple est certainement le marechal Montgomery. Cette simplicité de commandement est une véritable prouesse lorsque l'on connait la monstrueuse organisation des opérations "Neptune" et "Overlord" |
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Hitler est devenu fou avant le jour J, c'est presque une certitude. Véritable "roi soleil", il s'est entouré d'une cour de généraux plus ou moins sincères , dont la recherche du pouvoir est bien souvent le dénominateur commun. Afin de remercier ces "fidèles serviteurs" de l'Allemagne ( Keitel, Jodl) ou bien encore pour ne pas heurter certains forts caractères (Tels Rommel et Von Rundstedt), il multiplie les postes de haut commandement et dilue ainsi son efficacité de manière très palpable. Les conséquences en seront tout simplement catastrophiques le 6 juin 1944. Sans tenir compte des deux hypothèses d'un débarquement allié dans le Pas de Calais ou en Normandie, la stratégie militaire à employer pour repousser l'attaque n'est pas uniforme, loin s'en faut. Von Rundstedt est partisan d'un combat à l'intérieur des terres :"C'est lorsque l'ennemi se sera engagé à l'intérieur des terres sans avoir totalement consolidé sa tête de pont qu'il sera le plus vulnérable. Il faut laisser venir les alliés et les repousser après une violente contre-attaque. L'avis du "Marechal Gosse" (surnom de Rommel) est tout à fait différent :"Il faut repousser les alliés sur les plages dès les premières heures et pour cela tenir le maximum de blindés et de troupes d'infanterie à proximité des côtes. En effet, nous serons de toutes façons soumis à de violents bombardements aériens et de ce fait, il est tout fait impossible que les renforts soient acheminés dans de bonnes conditions. "..... |
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Les contradictions ne s'arrêtent pas là, il suffit d'étudier l'organigramme pour constater que la riposte Allemande sera fatalement ralentie par les attachements multiples et superflus. Le feldmarschal Von Rundstedt en est le premier convaincu :"en réalité, je ne commande que le garde qui assure la surveillance devant ma porte" se plait-il à déclarer. Il a sous ses ordres Erwin Rommel dont les opinions, nous l'avons vu fonctionnent à l'opposé des siennes. Ce dernier a d'ailleurs réussi peu avant le 6 juin, à se faire attacher une reserve de trois divisions blindées, ponctionnées sur les effectifs du Panzer Gruppe West, commandé par Geyr Von Schweppenburg. Le reste des Panzers division relevant de ce commandement sont placées en reserve de l'OKW, c'est à dire sous les ordres de Keitel, dont les commentaires peu élogieux sur sa valeur guerrière égaient les soirées Normandes de l'OB West. Dans la pratique, tout renfort du corps de reserve ne relèvera ni de Rommel, ni de Von Rundstedt, mais d'Hitler lui-même.Le débarquement, côté Allemand, sera donc piloté à 1800 kms de distance. Les généraux alliés seront quant à eux, aux côtés de leurs hommes dès les premières heures, avec pour la plupart une vue réelle sur le déroulement des opérations, soit sur la terre ferme, soit sur les navires de la flotte d'invasion. |
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Les batteries côtières, outils de défense non négligeables ne relèvent ni de Keitel, ni de Von Rundstedt et encore moins de Rommel : elles demeurent sous le commandement de la Kriegsmarine (Marine Artilllerie Abteilung 260, 268, 605 et 608 de Saint Malo au Havre). Les ouvrages sont d'ailleurs servis par des marins, alors que les pillboxes et Tobrouk de protection des batteries ou des plages sont activés par des soldats de l'artillerie côtière ( Heeres Küsten Artillerie Abteilung -HKAA-)... Mais les Allemands n'en sont plus à un paradoxe près, puisque la construction de ces monstres de béton a été réalisé sous l'égide de l'organisation Todt, elle-même supervisée par Rommel dès mars 1944, alors que le mouillage des mines est laissé à la diligence de la Kriegsmarine !. La Kriegsmarine est également chargée de la défense côtière, ses bâtiments basés en Normandie se limitent à quelques vedettes rapides, torpillleurs ou contre-torpilleurs. Ces navires sont placés sous le commandement de l'amiral Francke, chef du Marine Gruppe West. Les marins arment également certaines stations de radar de la facade ouest, mais pas toutes : le reliquat est tenu par les aviateurs de la Luftwaffe. A l'opposé, les avions amenés à intervenir le jour J relèvent du commandement de la IIIème Luftflotte, placée sous la responsabilité du maréchal Hugo Sperrle. Les appareils en état d'intervenir face aux déferlantes alliées atteignent péniblement 500 unités. Face aux 10.000 bombardiers et chasseurs du SHAEF, le rapport de force est sans commentaire. |
La comparaison des structures du SHAEF et celle des forces de l'axe se traduit donc, d'un côté par une organisation rodée et fonctionnelle, alors que de l'autre, la multiplicité des commandements aura pour effet majeur d'engendrer des lenteurs aux conséquences fatales pour le IIIème Reich en France. |