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DE STEPHANE DELOGU Fidèles à notre réputation de ne rien faire comme les autres et de dire le contraire de ce qu’ânonne la manne populaire, on va commencer l’édito par les manifs qui rendent folles de plaisir nos chères têtes blondes. Quitte à prendre des claques virtuelles... Comme c'est moins douloureux que les vraies, on prend le risque... Depuis quelques semaines, c’est le débrayage avant l’heure, les cartables croulent sous les toiles d’araignée, si tant est qu’ils se souviennent que ça a un jour existé. Au début, on rigolait comme tout le monde, rien à dire, le droit de grève c’est incontournable… Et pis, des profs dans la rue, pensions-nous, ça nous promettait des slogans originaux, on piaffait d’impatience à l’idée de sortir des sentiers battus. Depuis, on déchante tout en constatant qu’on est loin d’être tous seuls à le faire. Les examens seront finalement organisés dans les conditions que l’on sait, c’est à dire en « bordel couvrez » dans le meilleur des cas et avec l’Arlésienne en vedette Américaine au pire…. Sans oublier de vous préciser M’sieurs Dames que çe qu’on vous raconte, c’est lorsque les grilles des lycées et collèges de la République ne sont pas cadenassés. Mais comme en France tout s’arrange, y’a moins de casse que prévu puisque les correcteurs feront part d’une « grande indulgence au regard du contexte »… Si des fois, il vous prenait l’envie de passer un DESS de psychologie, n’hésitez pas, c’est le moment… Même avec le brevet de secouriste en poche, vous pouvez partir tranquille et commencer à meubler votre futur cabinet. Tranquilles, nos concurrents économiques le sont aussi et on les comprend ; on se demande d’ailleurs si ils n’ont pas sponsorisé cet agréable foutoir. Le pays des droits de l’homme ferait bien d’arrêter de se reluquer le nombril, car à force de surdimensionner son égo, seul le mot droit reste d’actualité. Devoir, c’est autre chose, on évite d’en parler au motif que c’est bourré de contraintes. Entre autres, celles de se souvenir de la déontologie d’une profession. S’agissant des enseignants, quitte à devoir le rappeller, elle consiste a assurer l’éducation de nos enfants par l’accession à la connaissance, le tout de manière laïque, apolitique et gratuite. Rien que ça… Et c’est pas fini, on peut même y ajouter l’enseignement de la défense de ses libertés et la tolérance….. C’est vous dire si ceux qui , grévistes contre non-grévistes, se castagnent entre deux platanes et en plein milieu de la cour devant l’auditoire déconfit de leur élèves médusés semblent avoir oublié les préceptes de Jules Ferry… Tout comme ceux qui refoulent les gamins aux portes des établissements au motif que quand c'est grève, tout le monde s'y met, y'a pas le choix... Tolérance ?.... On pourra toujours rajouter à l'inventaire les triples buses à qui est venue l'idée géniale de déchirer des copies d'examen... Sympas pour les quidams qui s'y sont fait chauffer les méninges pendant quelques plombes... Ca renvoie au respect... Tiens, on l'avait oublié à l'appel, celui-là... Toutes nos excuses... On va en finir là avec les profs en colère et les parents d'élèves qui commencent à le devenir en espérant que les gosses pris en sandwich soient les plus intelligents et ne mettent pas en pratique toutes les leçons foireuses de ces dernières semaines. Ca nous promettrait un belle pétaudière.... Rassurez, ca l'est déjà. C'est ce qui nous sauve. en 1944, les hommes des "Gliders", parachutistes à part entière n'avaient pas droit à la solde à l'air accordée à leurs camarades aéroportés, malgré une formation, un entrainement, un statut et des risques identiques. Le 6 juin, pas un seul pourtant n'eut l'idée de déposer un préavis de cessation de travail. Tous sont montés dans leurs planeurs et beaucoup ne sont pas revenus de Normandie. Autre temps, autres moeurs, l'intéret commun a aujourd'hui fait place à l'amélioration des conditions individuelles, quitte a escamoter au passage ce pour quoi on se destinait... Presque une passion. Enseigner peut en être une, mais il faut pour cela faire passer l'avenir d'une génération avant son nombril. un exercice pas forcément plus fatiguant puisqu'on se flingue moins la colonne vertébrale à regarder droit devant soi qu'à courber la tête. La réponse du gouvernement à ce remue-ménage ne nous inspire pas davantage... Ce n'est pas le peuple qui gouverne. C'est certainement pour les mêmes raisons qu'en 1969, le Général de Gaulle lui a posé la question de confiance. C'est encore le peuple, qui en août 1944, herissa Paris de barricades, armé de pétoires rouillées et la croix de Lorraine au bras. C'est toujours le peuple qui la même année se dressa contre l'occupant, dans le Vercors, en Bretagne ou ailleurs... Le peuple est cette masse grouillante de vie d'où nous venons tous. Que nous soyons premier ministre, enseignant, G.I coincé dans un planeur ou Parisien en colère. Au mois prochain
Mon ami, mon frère, ta vie ne ressemble pas à la mienne. Tu est mon ami sans que nous nous connaissions, sans que je sache ton nom, tes goûts et ce que tu voulais faire de ton existence. je ne sais presque rien de toi, sinon que nous avions presque le même âge et que comme toi la vie et la Liberté me sont plus importants que toute chose. je suis né libre, je ne connais rien d'autre que la paix. je vis dans un pays où chacun s'exprime , parle, aime, refuse, en toute liberté et selon ce que sa conscience lui dicte. Je me demande parfois ce que j'ai réalisé pour mériter autant, alors qu'autour de moi l'oppression, la haine et l'injustice entrainent chaque jour des innocents dans le néant. Je ne te connais pas et pourtant tu me manques. Je ne sais de toi que tes derniers instants, sur une plage dont tu ignorais tout, jusqu'à son nom : UTAH, OMAHA, GOLD JUNO, SWORD s'entrechoquent dans mon esprit. Je te vois courir à perdre haleine, puis t'arrêter subitement, t"effondrer sur le sable, inerte et déjà loin du fracas et de la mitraille. Je vois tes frères s'affairer autour de toi, puis se relever et courir à leur tour. Courir vers leur salut, vers la survie. je ne sais de ton histoire que quelques secondes, moments furtifs saisis au hasard d'un assaut vers la Liberté. J'ignore tout de toi et pourtant je sens ton souffle derrière mon épaule. Tu dors, dans ton immense pré de Normandie, entouré de tes frères d'armes, le coeur léger. Tu t'es endormi un matin de juin 1944 pour que je puisse me reveiller libre bien des années plus tard. Tu es parti si tôt que je n'ai pu croiser ton regard et te remercier du cadeau que tu m'avais fait.. Liberté... Qu'il est beau ce mot... C'est le tien, mon frère, mon ami. Celui que tu m'as offert il y a déjà 59 ans. Tu le vois, malgré le temps qui passe, je ne t'oublie pas et j'ai gardé ton cadeau bien à l'abri des convoitises. de temps en temps je le place au creux de mes mains et le regarde pendant un long moment.. Liberté... Le contempler me rapproche à chaque fois un peu plus de toi. Aujourd'hui, nous sommes le 6 juin et je penserai à toi encore plus qu'à l'habitude... Je me rendrai sur la plage et regarderai le ciel, dans l'espoir de voir ta silhouette se détacher de l'horizon. Ce jour t'est dédié, mon ami... Il est dédié à tous tes frères que je ne connais pas plus que toi mais qui m'ont laissé un mot en héritage... Liberté
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LE MAGAZINE DU SITE NORMANDIE 44 LA MEMOIRE DE PHILIPPE CORVE EST PARTENAIRE DU MAG'44. DECOUVRIR LE MAGAZINE DE NORMANDIE 44 LA MEMOIRE MASSACRE AU MOIS DE JUINPour la 59ème fois , nous célebrerons nos libérateurs du JOUR J, à la fois dans la joie, le respect et le souvenir. Juin 1944 fut aussi synonyme de deuil et de douleur pour les 642 habitants d'ORADOUR SUR GLANE, lâchement massacrés par une compagnie de SS, appartenant à la 3ème Compagnie du régiment "Der Führer", Division Das Reich (2ème SS Pz) commandée par le général Heinz LAMMERDING. Le 10 juin 1944, en début d'après midi, une compagnie SS investit ORADOUR, et sous prextexte d'une perquisition dans le village, qui abriterait une cache d'arme, faire réunir la population sur la place. Bientôt, les hommes sont séparés des femmes et des enfants. Les premiers sont rassemblés par groupes dans des hangars, avant d'être froidement abattus, leurs cadavres étant finalement incendiés. Les femmes et leurs enfants sont rassemblés dans l'eglise et après une attente lourde et insupportable, les SS ferment les portes et font exploser des fumigènes, avant d'ouvrir le feu sans discernement. Une fois leur horrifiante besogne accomplie, il incendient l'édifice, laissant derrière eux 453 cadavres mutilés et carbonisés. Mme ROUFFANCHE sera l'unique survivante de cette tragédie : gravement blessée, elle parviendra néanmoins à s'échapper par un vitrail. Le feu continuera de réduire ORADOUR à néant jusqu'au 11 juin 1944. 191 hommes, 247 femmes et 206 enfants ont péri dans ce massacre que rien ne pardonnera jamais. |