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>>>DECOUVRIR LE MAGAZINE DE NORMANDIE 44 LA MEMOIRE
On va pas vous raconter une histoire à dormir debout , qu'on a été kidnappés par les Hezbollahs lesquels nous ont forcés à ne plus éditer le mag, attachés qu'on était à un poteau et ce pendant quelques plombes. Vous savez bien que tel n'est pas le genre de la maison. Le mag a juste été mis en sommeil faute de temps à lui consacrer,car mine de rien c'est du boulot tout ça surtout lorsque du boulot on a en des tas à coté, auxquels s'ajoutent les gamins qui ramènent des tonnes de devoirs, le chien qui veut sortir, et tout le saint frusquin. Alors on a du fermer la boutique, jusqu'à ce que quelques inconditionnels nous fassent comprendre qu'il serait de bon ton de reprendre du service. Comme on est gentils et pas avares de nos efforts, on a accepté de bon coeur, et comme de surcroît les candidats aux exocet nous ont stimulé la plume ces derniers mois, on veut bien remettre le bleu de chauffe. Ça explique pourquoi on a préféré faire notre rentrée à l'époque ou les glaces commencent à pointer le bout du cône : fait plus chaud qu'en décembre.
Parait que le nazisme revient en force. Ben mince, on va finir par le croire a force de le répéter. Dernier exemple en date : un taré d'un bled de chez l'oncle Sam s'est cru revenu à Stalingrad et en a profité pour plomber une partie de sa famille, un gardien de collège, deux surveillants et quelques élèves. On appelle ça une hécatombe, d'aucuns préfère dire que c'est la fatalité. On osera prétendre que ce n'est ni l'un ni l'autre. A notre humble avis, ce massacre prémédité sans être prévisible n'est que la conséquence de ce que les États Unis et quelques autres laissent germer : le crime banalisé sous couvert de la liberté de pensée. Il se dit que l'adorable adolescent était un nazi convaincu. L'hypothèse peut séduire au premier abord, car s'il n'est pas indispensable d'être taré pour adhérer aux théories du national socialisme, ça aide quand même un tantinet. Mais ce genre d'explications laconiques ne nous convient guère, vous vous en seriez doutés. Le mal est beaucoup plus profond que les analyses médiatique et politique faites à posteriori. On veut bien croire que le meurtrier fol dingo faisait les yeux doux au portrait du führer qui ornait sa chambre, entre la photo de Jennifer Lopez et la relique de la première budweiser ingurgitée. En revanche et jusqu'à preuve du contraire on n'est pas convaincus du tout que le nazillon maîtrisait parfaitement le sujet. Il était nazi tout comme il aurait pu être Raélien ou pointer à l'O.T.S. C'est à dire pas plus que ça. Ca laisserait supposer qu'il faut regarder plus loin que l'extrémité de son appendice nasal et finir par comprendre que le client en question est l'archétype de la cible privilégiée de moins tarés que lui et qui oeuvrent en sous-sol, c'est à dire pas forcément dans l'ombre mais au final sans être enquiquinés le moins du monde. Faut quand même savoir qu'au nom de la liberté d"opinion, les publications, sites, partis, et symboles nazis sont autorisés . Bel exemple d'hypocrisie : le Ricain moyen feint un rictus de dégoût alors qu'à sa porte, les croix gammées fleurissent un peu partout. Le nazisme n'est pas responsable de tout, certes. Tout au plus de 50 millions de morts. Mais personne ne nous empêchera de penser que si il rendait ses adeptes plus intelligents, on le saurait depuis longtemps. Sans compter qu'une sacré palanquée d'administrés de l'oncle Sam se sont fait trouer la peau il y a soixante ans pour que cette chienlit disparaisse à tout jamais. Non seulement ce n'est pas le cas, mais encore elle est arrivée chez eux. M. Bush, votre sens de la démocratie nous échappe. Liberté, que d'idioties ne fait on pas en ton nom. Si le branque-flingueur n'était pas nazi dans l'âme, ceux qui lui ont lavé le cerveau a coup de Horst Wessel Lied le sont et courent toujours. Depuis ils ont convaincu de nouveaux disciples. Pauvre Amérique.
Côté médias, la crétinerie n'est pas restée inactive et a trouvé un succulent palliatif à tous ceux qui ne maîtrisent pas Medal of Honor ou Call of Duty : nous avons nommé la 1ère Compagnie. Ne vous attendez pas à voir une unité de Rangers à l'entraînement, vous seriez surpris ou déçu , voire les deux à la fois. Pour comprendre la délicieuse substance de ce nouveau reality people pour lequel notre beau pays a les yeux de Chimène, il vous suffit d'imaginer un troupeau dépareillé d'ex futurs stars en quête de renouveau et de picaillons et de le coller dans la jungle Guyanaise. Sauf bien sûr que les commandos du dimanche en question ne sont pas tout à fait soumis aux même traitement qu'une unité de SAS aux Malouines. C'est plutôt le club Med' à la sauce chaleur moite sur des relents de platitude. C'est peut être une nouvelle arme absolue que le Pentagone brandira dans quelques lustres. Imaginez plutôt la Pointe du Hoc escaladée par Jean Roucas, Marlène et Castaldi. Les Allemands en seraient tous morts. De rire, certes, mais morts quand même. C'est imparable, mais c'est quand même risqué. Car vu l'équipe de bras cassé dont on vous parle, tout le monde autour aurait subi le même sort de mort hilarante. Le Jour J aurait été plié à 07 h 35 avec l'extinction des assaillis et des assaillants, les seuls survivants se limitant à une bande de branquignols ventripotents à l'humour gras. On aurait été obligé de décerner la Medal of honor à Marlène et de lui ériger une statue sur les lieux de ses exploits. Rien que pour en représenter les attributs mammaires, ça aurait coûté la peau des fesses. Pas très économique comme formule. Heureusement, tout ça n'est que pure fiction et les fringants troupiers de la 1ère Compagnie se contentent de tenir la France en haleine, tremblant de peur devant un crocodile en cage et des mygales en latex. Soyez tranquilles pour eux, le pognon de leurs cachets est réel. C'est déjà ça de sauvé faute de plus culturel. Notez que si on avait voulu faire du culturel, on aurait invité Bernard Pivot à la place de Roucas. Les dialogues auraient été un tantinet plus relevés et ne se serait pas barbés davantage.
Coté préparatifs du 61ème anniversaire du Jour J, c'est le calme plat sans vagues ni remous. Pas un seul mail réclamant des témoignages de vétérans pour une prochaine superproduction ou un superbouquin. Pas de quémandeur en vue, pas davantage de Patrick Bruel annoncé ni de régie télé à Sainte Mère. Pour autant, ne croyez quand même pas échapper aux merguez et la bière en gobelets plastique sur la place de l'Eglise. Faut pas pousser. Vous vous consolerez en apprenant qu'il y aura moins de merguez, donc moins de fumée asphyxiante, parce que cette année faute de cause internationale, le gotha médiatico - jet set restera dans ses salons en bois de rose. Plus rien à cirer des vétérans, y'a plus les caméras ni la presse. "Alors, vous comprenez ma pauvre dame, on voit pas ce qu'on irait faire en retournant dans tous ces bleds. Surtout qu'on a déjà fait l'effort de s'y traîner l'année dernière alors que la guerre on s'en tape un peu. C'est du passé, on était pas là et on comprend pas tout." Dommage, ils auraient eu besoin de revenir en deuxième année pour la piqûre de rappel d'usage, un peu de culture n'ayant jamais tué personne, pas même un âne. On se souviendra longtemps de ce direct en bord de mer où un présentateur - vedette de France 2 a fait remarquer à des reconstituteurs en tenue de paras US et aux visages grimés version peintures de guerre "qu'il n'était pas question qu'on les passe à l'antenne , on n'était pas au cirque". Dommage pour lui, les pauvres bougres n'ont fait que reproduire l'exacte réalité. Mais on peut pas tout savoir, surtout quand c'est pas son métier. C'est la conclusion de tout ça : on ne s'improvise pas ami des vétérans on le devient. On ne s'improvise pas commando au fin fond de la Guyane, on l'est dans l'âme ou on le sera jamais. En revanche, n'importe quelle andouille peut peut s'improviser nazie, c'est ce qui demande intellectuellement le moins d'efforts et de connaissances. Au mois prochain.
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MORT DE PIERRE JEAN BOCCADOR
La famille des anciens du n° 4 commando vient recemment de perdre l'un des siens en la personne de Pierre Jean Boccador, l'un des 177 du 6 juin 1944. Il s'est éteint le à l'age de . Voici, pour mieux le connaitre la retranscription d'un article rédigé à partir de son témoignage et paru dans cols Bleux n° 2262 du 28 mai et 4 juin 1994 )
Le 5 juin 1944, mon bataillon au complet, soit cent soixante-dix-sept hommes, quittait le camp secret de Tichfield, où il était strictement consigné depuis le 25 mai. Dans ce camp, les hommes des commandos, tant britanniques que français, avaient étudié les cartes et les maquettes de la côte normande... Depuis le dimanche 28 mai, tous savaient très exactement l'endroit où ils allaient débarquer... Tous connaissaient par coeur, les moindres détails des positions ennemies, des blockhaus, défenses anti-chars et champs de mines sur lesquels ils allaient, les premiers, avoir l'honneur de se jeter pour «démolir» l'infranchissable Mur de l'Atlantique.
Le bataillon français, commandé par Philippe Kieffer, comptait cent soixante-dix-sept hommes, formant les «Troops» n°1 et n°8 du 4ème commando anglais, commandé lui-même par le colonel Dawson. Les commandos n° 4, 3, 2 et 45 (Royal Marines Commandos) formaient eux-mêmes la 1ère Brigade des services spéciaux, partie de choc de la 6e Airborne Division, à laquelle était dévolue la lourde tâche de prendre pied à l'extrême gauche de la ligne du débarquement allié, ce qui était et que l'on a depuis gardé coutume d'appeler «la charnière sur Caen». Un esprit chevaleresque, un enthousiasme unique, incroyable, animait et soulevait les hommes de la 1ère S.S. Brigade. Ces Anglais, ces Gallois, ces Ecossais et ces Français se fondaient, se mêlaient, intimement soudés par un même but et commandés par un seul chef, le prestigieux lord Lovat, le héros du raid de Dieppe (où il dirigeait déjà, au titre de colonel, la poignée de Français du 4e commando), le géant aux yeux bleus, le pair d'Ecosse qui avait déclaré à sa brigade avant le départ: «Plus de la moitié d'entre vous restera sur la terre de France. Souvenez-vous que vous allez au combat avec «Commando» sur les épaules ! Un commando sait mourir en silence... Nous lutterons à un contre cinq, pas de vivres ni de munitions avant trois jours... Vous débarquerez avec tout votre ravitaillement personnel, vous nettoierez les plages, ferez le passage de l'infanterie puis nous irons tenir les positions sur Caen pendant huit jours, en attendant la relève de la 51 ème Division». Voilà pourquoi, avec un sac lourd de quarante kilos de rations, de munitions et d'explosifs, les commandos français s 'étaient embarqués, sans bruit, sans chanson, mais calmes et décidés, pour la France!
Entre le port de Southampton et l'île de Weigth, une immense armada s'était groupée depuis des semaines... Le Landing Craft Infantry 527 (barge de débarquement d'infanterie), sur lequel était embarquée la première troupe du commando français, prit sa place dans un convoi qui s'étira vers le large, protégé déjà par une imposante escorte de vedettes rapides et, lointains, par de «gros» profils de la Royal Navy imposants et superbes, chiens de mer parés au combat. A 21 heures, le n° 527, qui louvoyait sans ordre apparemment, prit nettement cap au large. Partout, à babord, tribord, en proue, des tâches sombres nous tenaient compagnie, naviguant de conserve. Dans la nuit, un ronflement sourd, hallucinant, grandissait, se précisait et finissait par étouffer le bruit de nos propres diesels, des milliers d'avions nous survolaient, en route vers l'Est, porteurs d'un message de mort et de libération. Dans les postes étroits du L.C.I. les commandos vérifient leurs armes, lisent une dernière fois le message historique du général Eisenhower que l'on nous a remis il y a quelques minutes et qui se termine par ces mots: «J'ai pleine confiance en votre courage, votre sens du devoir et votre entraînement à la bataille... Bonne chance, et appelons sur nous toutes les bénédictions de Dieu Tout-Puissant en cette grande et noble entreprise».
Les chefs de sections et sous-sections ont dormi sur le pont enroulés dans la couverture de l'équipement, à deux pas du poste de commandement où les officiers de marine veillent sur le pont. L'aube vint pour nous, ce matin-là, plus tôt que de coutume ! Depuis quatre heures du matin, un étrange orage, aux éclairs phosphorescents et incessants, a déchiré une nuit blanche... C'était fantastique ! Notre L.C.I. avait gagné la tête du convoi à partir de minuit et quand le grand barrage fut declenché, nous n 'étions déjà plus qu'à quelques milles de la côte. Ce fut d'abord, de quatre heures à cinq heures, le plus terrible bombardement aérien que j'ai encore, et depuis, observé... Des bombes de six tonnes, dix tonnes, des centaines et des milliers de bombes créaient en face, de Ouistreham à Cherbourg, une diversion pendant laquelle les parachutistes de notre division descendaient derrière les lignes après s'être emparés du double pont sur l'Orne, où nous devions les rejoindre ensuite après avoir forcé le «Mur». Puis tout éclate, d'un seul coup l'aurore luit sur la côte normande... Quelle aurore ! Déchaînés soudain, à 5 h 50, des milliers de canons, des lance-fusées Rocket montés sur barge, les canons des chars embarqués, les grosses pièces des croiseurs et cuirassés, mêmes les pièces de moyen calibre des armes anti-aériennes, vomissent sur la côte, là, tout près, des milliers de tonnes de projectiles embarqués spécialement pour cette minute... Il faut cracher... cracher tant et plus pour nettoyer les plages et laisser aux hommes qui vont y poser le pied une chance de survivre et de passer. Apothéose, horrible vacarme déchaîné, quel spectacle inouï ! Les commandos parés à débarquer sont déjà massés sur le pont, les chefs ont pris la tête devant les échelles de débarquement, les sections et sous-sections sont dans l'ordre, les hommes se regardent, se retrouvent à l'unisson du même espoir et du même idéal, les dents serrées, à la cadence des salves de lance-fusées aux sifflements stridents, regardant monter l'aube d'un jour nouveau, 6 juin 1944!
Sept heures vingt et une minutes... Les bateaux de débarquement ont touché le sable... La quille racle le fond, un choc sourd immobilise la barge. Les passerelles sont jetées à l'eau... La plage est devant nous, vide, hérissée de blockhaus, de barbelés, de poteaux où sont fixés des mines... et nous nous apercevons soudain que des impacts, des gerbes de frisants, des éclats, tombent autour, devant et derrière nous... En avant ! Le gibier devient chasseur, c est sur nous que tirent ces mitrailleuses qu'il faut réduire... C'est d'abord sur cet espace vide fait de sable et d'eau qu'il faut courir pour sauver sa peau... Nous sommes cibles... Il faut percer ce front qui miraculeusement nous crache ses balles et ses obus Kieffer est passé et derrière lui la première section, première et deuxième sous-sections, la deuxième, la mienne !... Sur la passerelle, une fraction de seconde devant cet abîme, puis en avant, par-dessus, par instinct dans l'eau avec le sac, les armes, les explosifs !... La passerelle a déjà éclaté sous un obus... Sur la plage, Pinelli est blessé, Dumenoir tué net, Vourc'h a roulé en trente mètres, il ne reste plus un officier à la tête de la première troupe de commandos français... Nous fonçons en aveugles... droit devant, vers ce groupe de bâtiments en ruines, notre point de repère, où nous déposons le sac qui nous oppresse et où nous regrouperons les hommes en base feu avant l'assaut sur les blockhaus. Comment peut-on, en quelques minutes, passer d'un abîme à l'autre ? Réunis, les premiers rescapés, sacs décapelés, mitraillettes et lance-flammes, grenades et mortiers légers en base feu, les commandos sont redevenus chasseurs et le gibier qui se terre dans ses trous ne tiendra pas longtemps contre l'assaut. Les premiers nids de mitrailleuses sont anéantis, à la grenade ou au poignard, on ne se sait plus ! Les premières villas sont atteintes et les tireurs allemands sont délogés. Les énormes blockhaus dépassés par l'attaque sont repris par derrière à la mine et au lance-flammes... De huit heures à treize heures sans relâche, les commandos se ruent sur leurs objectifs... Les morts et les blessés tombent. Sur la plage, dans un champ de mines, une épave tragique qui n'a plus d'uniforme et que des lambeaux sanglants sur tout le corps, le colonel Dawson, indique à ses hommes les objectifs ! Le docteur Lion, encore un Français, est tué en se portant au secours du petit Rollin qui, lui aussi, meurt en quelques secondes... Kieffer, Bucher, Lanternier, sont blessés mais poursuivent le combat... Chaque homme qui tombe est immédiatement vengé. Chaque mort marque la place d'un trou près du bastion où dix cadavres germains ont trouvé leur repos! Les premiers chars nous ont suivis... dans les rues de Ouistreham, les premiers civils français sont sortis et émerveillés de trouver là des Francais, ont pillé leur cave de verres de Calvados, que l'on vide en courant et qui réchauffent la hargne du combat... Au milieu du fouillis des armes et des équipements, dans les passages jalonnés de pavillons multicolores, les Anglais, imperturbables, débarquent des gros chalands... Le barrage d'artillerie est déjà plus à l'avant, la prise des plages est chose faite... La première phase est accomplie et le Mur de l'AIantique s'est écroulé sous la poussée des commandos. Ne parlons pas d'héroïsme... seuls les morts ont droit à notre admiration... Et maintenant sur la plage de Riva-Bella, à Colleville-sur-Mer, un simple monument rappelle aux touristes et aux visiteurs, les noms des commandos français tombés le 6 juin 1944... Mais qui sait donc, en France, qu'il y avait des commandos français à la tête des armées alliées le 6 juin ?
Ouistreham est à nous ! De l'embouchure de l'Orne à Cherbourg, les Alliés ont pris pied... Mais de l'Orne à Hermanville, ce sont des Français qui ont libéré la Patrie. 177 petits gars, porteurs d'un béret vert et d'un insigne à la croix de Lorraine, ont reconquis cette infime parcelle de sol natal ... Et ce n'est pas fini! A 14 heures, il faut partir... Monter en direction de Bénouville, sous le feu des batteries allemandes, sac au dos, seize kilomètres, en combattant, établir la jonction avec les éléments parachutés de la 6e Airborne, au pont de Bénouville (depuis appelé le «Pegasus Bridge»), puis continuer pour les relever et les dépasser sur Ambreville et Bréville. Nous devions tenir la poche devant Caen pendant huit jours... Nous avons tenu pendant huit semaines devant les S.S. fanatisés des 21e, 15e et Das Lehr divisionnen... A Amfreville, et au cours des corps à corps sanglants de Bréville, où Lovat tombera gravement blessé, le 10 juin, le 1er Bataillon de Fusiliers Marins Commando sera presque anéanti... Les survivants tiendront jusqu'au bout car la 5 le division de renfort a été anéantie en trois jours de bagarre devant Caen... de même la 6e Airborne Division ne fut jamais relevée du front de Normandie... Elle y frit très simplement enterrée ! Le 31juillet 1944 je fus blessé par éclats de mortier à l'attaque du bois de Bavent... Il ne restait plus que vingt-huit hommes en ligne dans ma troupe, la troupe N° 1... Mais en Angleterre, une relève composée de «bleus» et des premiers blessés légers récupérés venait nous relever pour parer à la poursuite, aux combats de «L'Epine» et la descente sur Paris. Sans arrêt au combat, de 1941 à 1945, le 1er B.F.M. Commando porte fièrement à son fanion, la Fourragère de la Médaille militaire et quatre citations à palmes collectives...