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A 20 ans, le jeune John Chambers rentre dans la clandestinité. Début d'une aventure qui le conduira sur les plages de normandie.
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Throught the blood, To the green fields beyond" Par la boue, à travers le sang, au delà les vertes prairies Devise du Royal Armoured Corps |
Insigne régimentaire du 3e C.L.Y |
| John Chambers voit le jour dans l’oise, à Chantilly , le 3 juin 1923. Ses parents sont restés citoyens de sa gracieuse majesté Britannique. Son père, répondant au même prénom, est responsable des écuries du très célèbre Baron de Rotschild. Les chevaux deviennent donc les compagnons de jeux de ses premières années, au cours desquelles il reçoit une éducation très digne et forcément Britannique, quelque peu nuancée par les origines Ecossaises de sa mère, Isabelle Sanders. L’enfance du jeune John se déroule de la façon la plus normale qui soit, à l’ombre de la religion Catholique Gallicane. Ses origines l’amènent presque naturellement à maîtriser la langue de Shakespeare aussi bien que celle de Voltaire. Il prépare le brevet des collèges en 1938, mais ne pourra se présenter à l’examen, la France venant d’entrer en guerre. Comme chacun sait, le sort de notre pays sera scellé en quelques mois de lutte, l'armistice de juin 1940 offrant la partie nord d’une France décharnée et abattue aux mains des troupes Allemandes. |
| Le retour de cette paix
au goût amer sera aussi la fin des jours heureux pour la famille
Chambers. L’Angleterre reste toujours en guerre et à ce titre, les
ressortissants Britanniques résidant sur le territoire Français
sont traités en ennemis. John et Isabelle Chambers seront arrêtés
lors d’un rafle et internés au camp de Drancy puis connaîtront
quatre années durant l’enfer des camps d’internement. Par miracle,
leur fils échappera à ce sort, mais comprend rapidement qu’il
est en sursis ; il doit, par tous les moyens, entrer dans la clandestinité
en attendant un hypothétique moyen de gagner l’Angleterre, indomptable
malgré les destructions quotidiennes. Pas question d’échafauder
le moindre projet, même à court terme. L’Europe continentale
est clouée sous la botte Nazie, l’avenir se résume au lendemain
dans le meilleur des cas. Personne ne penserait à se plaindre de
la faim, du froid, du plus total dénuement. La seule doléance
que l’on s’accorde à formuler se lit sur chaque lèvre : rester
en vie, un jour de plus, la vie pour soi et pour les siens
Une planche de salut inespérée
se présente alors en la personne d’un parent éloigné,
officier Britannique d’origine Française : André Cadurel.
A cet instant, John ignore totalement que ses souhaits vont être
exaucés bien au delà de qu’il aurait imaginé. Non
seulement, ce cousin salvateur lui permettra de traverser la Manche, mais
vient également de lui offrir un passeport pour la clandestinité
au sein d’une organisation qui entrera la légende bien des années
plus tard. Pour l’instant, John ignore tout de ce groupe, alors l’un des
plus actifs de la France occupée, fournissant quotidiennement des
renseignements de la plus haute importance à Londres, dont une proportion
respectable servira à la préparation du futur débarquement.
Il ne cherche d’ailleurs pas à pousser la réflexion trop
en avant, car d’autres questions le tiennent en haleine : Pourquoi Cadurel,
major Anglais (commandant) en activité, se trouve t-il en
France ? Quel est son rôle ? Par quel miracle est-il resté
en vie, malgré les coups de filets incessants de la Gestapo ? Ces
questions ne sont rien à côté de ce qu’il va bientôt
vivre : Comment John Chambers pourrait-il se douter un instant qu’il vient
de pénétrer dans l’antichambre de la guerre secrète
?
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Deux
destins opposés : De Gaulle à LONDRES reconstruit une armée
à partir du néant...
..Tandis que le gouvernement de PETAIN fixe les modalités de la |
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Emblème du Royal Armoured Corps |
Ses interrogations trouveront toutes les réponses attendues , quelques semaines plus tard, lorsque André Cadurel lui expliquera les raisons de sa présence en France. En premier lieu, il n’a aucunement à craindre pour sa vie, ce pour une raison implacable : il est officiellement mort lors de la prise de l’Ile de Crête par les parachutistes Allemands. Cette nouvelle a été confirmée par l’ambassade de Suisse à Paris. Son cousin est, pour ainsi dire à titre posthume, officier au War Office (M16) lorsque le commandement lui propose d’intégrer l’organisation Buckmaster. Puis, il sera parachuté en France avec pour mission d’assurer la liaison entre Londres et un réseau clandestin à la consonance d’Outre Manche et dirigée par un certain " Herbinger " : Mithridate. |
LE RESEAU MITHRIDATE
Il est l’œuvre de deux enragés de la " France Eternelle " , vétérans de la première guerre, dont les états de services auraient pu être le passeport légitime à un repos amplement mérité. Malgré cela, Le Colonel Bressac et le lieutenant colonel Donet ne pourront couler des jours paisibles tant que l’ennemi sera là, au cœur même de cette patrie qu’il ont tant défendu tout au long des deux guerres. La majorité des Français a pourtant baissé les bras face au désastre. En septembre 1939, rien ne laissait pourtant prédisposer d’un tel dénouement. On avait les meilleurs chars, la meilleure troupe, la ligne Maginot en surplus et l’optimisme en bouquet final. Lorsque les divisions blindées Allemandes déferlèrent au nord-est, on lança ,à l’emporte pièce, des unités mixtes infanterie/chars se fracasser contre l’acier des panzer Teutons. En face, rien que du métal, pas de fantassins, cinquante kilomètres d’avancée par jour de combat dans des engins ou les fonctions de chef de char et de tireur étaient distinctes (contrairement à la plupart des chars Français), équipements radio et service compris. La débandade était de fait inévitable, face à cet hérétique de Gudérian et sa Blitzkrieg , battant en brèche la stratégie militaire des oracles étoilés.
6 juin 1944, débarquement
à Sword Beach
Ils n"avaient rien respecté
de l"Art de la Guerre, en transitant par un pays neutre, en créant
des unités blindées autonomes, en dédaignant la ligne
Maginot où tout était prévu pour les accueillir. Le
résultat était à la hauteur de l"hérésie.
La France demeurait maintenant écrasée sous un poids tel
que seule la fatalité pouvait la sauver de l"asphyxie. Le seau de
l"apathie frappait la majorité des Français, quant ce n"était
pas celui de la collaboration. Le désespoir et le malheur ont toujours
transcendé l"espèce humaine, à plus forte raison lorsqu"il
s"agit de survie au quotidien. Voilà pourquoi il était plus
aisé, en cette épouvantable année 1942, de choisir
la fatalité plutôt que la lutte armée contre l"occupant.
Le choix n"était pourtant pas si difficile que cela : il suffisait
simplement d"admettre qu"en entrant dans la Résistance, on passait
du monde des vivants à celui des morts en sursis. Bressac et Donet
étaient de ceux-là…
En avril 1944, Donet, connu par les services Allemands sous le nom de Laflêcherevient de Londres, chargé d’une mission de la plus haute importance. Sa valise est alourdie un poste émetteur ultra-perfectionné que les techniciens alliés ont baptisé " Ayescha ". Il s’agit d’un appareil de pointe, permettant de communiquer en phonie et non plus en morse, comme ce fut le cas jusqu’alors. De plus, son mode d’émission le rend indécelable ; cette découverte de premier ordre garantit par la même occasion la sécurité des agents de transmission, jusque là exposés en permanence aux risques de découverte. Il est demandé à Donet de procéder, avant toute chose, à la vérification du bon fonctionnement de l’Ayesha. Certaines conditions sont alors fixées par les concepteurs : émettre à moins de 250 kms de Londres, en bordure de côte et si possible en terrain plat. Il apparaît alors qu’une seule région offre la topographie et la proximité adéquates aux critères imposés : le Pas de Calais. Après un Premier essai concluant, DONET se prépare, au milieu du mois de mai 1944, à l’envoi d’un gros volume de messages.
Il n’aura jamais la possibilité de mener à bien son entreprise, car il sera arrêté par un détachement Allemand avant d’avoir pu émettre le moindre mot. Le contre-espionnage ennemi constate, médusé, qu’il vient de capturer, outre un matériel de premier plan, un résistant recherché depuis des mois. Il s’agit d’un coup de filet magistral, d’autant plus que le lieu d’émission sur lequel officiait Donet lors de son arrestation offre sur un plateau au Fürher l’emplacement exact du futur débarquement allié : il s’agit forcément du Pas de Calais. Le malheureux Donet restera bouche bée lorsque ses interlocuteurs lui apprendront, dans un grand éclat de rire, que son inestimable Ayesha émettait sur la même gamme de fréquence que les blindés du Reich. Le colonel Bressac sera identifié puis arrêté à son tour quelques jours plus tard, avant d’être déporté à Mathausen. En moins d’une semaine, Mithridate venait de perdre ses cerveaux. La direction du réseau sera finalement reprise par Cadurel, ce jusqu’à sa dissolution en 1945. Les faits retracés ici ne seront reconnus officiellement que bien des années après la libération. La raison de cet " oubli " est évidente ; la gamme de fréquence de l’émetteur Ayescha avait été sciemment programmée pour être repérée par les Allemands. Ainsi, Mithridate avait été sacrifié par le commandement allié dans le but d’accréditer le débarquement dans le Pas de Calais. Les exemples d’agents ou de réseaux délibérément offerts aux nazis semblent relativement nombreux. Il est difficile de ne pas s’indigner devant de telles pratiques, envoyant au gibet des hommes de grande valeur sans qu’il leur soit possible d’échapper à une mort généralement atroce. Les services de renseignements se dédouaneront –tardivement- en précisant que le sacrifice de quelques résistants aura permis d’attirer , jusqu’à la dernière seconde l’occupant en dehors de la Normandie, évitant ainsi la mort de milliers d’hommes lors du débarquement. Le pire est que tout cela est empreint de la plus implacable et terrible vérité. (Lire sur ce thème "Le secret du jour J" de Gilles PERRAULT, disponible en édition de poche) |
Grâce à André Cadurel (Alias Carel), responsable des renseignements militaires de Mithridate, John va mettre à profit ses connaissances en radio et aidera les opérateurs lors de l’envoi des messages à l’intelligence service britannique. Le réseau est connu de l’ennemi depuis plusieurs mois maintenant, mais personne n’est parvenu à le localiser et identifier ses responsables. Le temps court, et chaque jour, les services de renseignements Anglais reçoivent des informations précieuses sur la localisation des troupes nazies, la construction du mur de l’atlantique, son système de défense, les mouvement d’unités. Un soir, John est saisi de stupeur en voyant Cadurel entrer dans le local, accompagné d’Erwin Rommel. Il lui faudra quelques instants avant de reprendre ses esprits et comprendre qu’il s’agit d’un sosie du Renard du Désert, envoyé par Londres à des fins de désinformation. Si le futur débarquement de Normandie connaîtra la réussite que l’on sait, c’est en grande partie grâce à la guerre secrète que se livreront sans relâche les services d’espionnages Anglais et Allemands. Les " doubles " font partie de ces usines à intoxiquer, même Montgomery aura le sien !.. Le néo- résistant
Chambers n’aura pas l’occasion de le connaître, car en ce jour de
1943, son cousin vient de lui apprendre son départ imminent pour
l’Angleterre, à la faveur d’un vol Lysander. Plusieurs agents de
Mithridate, identifiés par l’ennemi, doivent quitter le territoire
immédiatement. Le groupe rejoint alors les environs de Bourges dans
la journée, où un monomoteur Anglais les attend effectivement.
John a juste le temps de remercier Cadurel et le Ciel réunis lorsque
l’avion s’envole pour les côtes d’Outre Manche, qui sera atteinte
sans encombre. Pendant quelques heures, ses pensées peuvent virevolter
: ses parents, la rafle, la résistance, sa famille, l’Angleterre,
la France occupée, l’avenir aussi, même si pour l’heure l’inconnu
dans lequel il se plonge est bien plus source d’interrogations que de certitudes.
A vrai dire, la seule qu’il s’accorde et dont il se délecte à
souhait est de se sentir enfin libre. Une fois l’appareil arrivé
à bon port, John et ses camarades sont aussitôt questionnés
par les services de contre espionnage, plus attentifs en la circonstance
aux infiltrations d’agents de l’Abwher qu’au scoop militaire. Les
vérifications d’usage effectuées, l ‘équipage Français
est désormais admis à demeurer sur le territoire de sa gracieuse
majesté, bien que cela ne orresponde pas tout à fait aux
plans échafaudés par le jeune Chambers. Sa demande de retour
en France sera accueillie par une fin de non recevoir, à laquelle
son protecteur n’était pas étranger. Dans quelques semaines,
André Cadurel sera appelé aux plus hautes fonctions dans
l’organigramme de Mithridate.
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"...J'ai été
affecté au C Squadron et mon régiment faisait partie de la
4ème
Brigade blindée Indépendante . Ce dernier mot explique
d'ailleurs pourquoi nous avons été employés en soutien
de multiples unités en Normandie. Je me souviens même que
l'on nous a intégré à une division blindée
U.S au moment de la retraite sur la Seine des débris de l'armée
Allemande. Toutes les unités étaient
équipées de Sherman, mais un seul char par peloton était
un "'Firefly". Ce détail qui ne souleva aucun commentaire avant
le débarquement aura son importance plus tard, car c'était
le seul blindé allié capable de se mesurer aux Tigers et
aux Panthers, mais cela, nous nous en sommes aperçus en Normandie.
j'étais fier d'appartenir au 3e C.L.Y (et encore davantage aujourd'hui),
nous étions les "Desert Rats", référence à
note insigne d'unité représentant une gerboise sur fond blanc."""...
![]() |
"...Le second régiment des "Sharpshooters" était le 4e C.L.Y, attaché à la 22ème Brigade Blindée (7th armoured division), très durement touché à Villers Bocage. Fin avril 1944, nous avions compris qu'il allait se passer quelque chose, sans trop savoir quoi exactement et surtout "où"...Puis, on nous annonça l'imminence du débarquement pour le 1er mai, puis le 17 mai, enfin le 1er juin.. je me souviendrai toujours de ces jours précédent l'assaut allié, le temps était épouvantable, même pour l'angleterre habituée à ce temps, c'était du "jamais vu"... Le débarquement fut annoncé le 5 juin, puis enfin le 6... Mon unité a pris place dans plusieurs L.C.T (Landing craft tanks) où nous étions tous à l'étroit. Les marins du L.C.T étaient de drôles de plaisantins, malgré les embruns et la pluie incessante, il faisaient griller du corned beef dans des poëles, à l'arrière du bateau et venaient nous en proposer. je me souviens avoir vu très peu de prétendants, sinon aucun !...A bord l'atmosphère était calme, nous ne nous sentions pas angoissés, nous étions prêts... Dans la nuit, je me suis résolu à déguster à une soupe de tortue en boîte (on nous avait gâtés !...), en me disant que ce serait peut-être le dernier repas ici bas, car même si on ne nous avait rien précisé, nous sentions où nous allions, j'étais pour ma part persuadé que la Normandie serait la prochaine étape. Engoncés dans nos "Mae West", il ne nous restait plus qu'a attendre. Lorsque nous apercûmes les côtes, il ne pleuvait plus, mais le ciel roulait de gros nuages... Plus tard, j'ai appris que le village se trouvant face à nous était Luc sur Mer (n.d.l.a : Il s'agit de Sword Beach, couloir OBOE)
Sherman M4A2 en Normandie. Cette version était la moins performante, n'offrant qu'un tube court de 75 mm
.Lorsque les L.C.T ont ouvert leurs portes, chaque blindé s'est glissé dans l'eau, puis nous avons actionné les détonateurs qui devaient dégager les obturateurs de canons et de dispositif de visée. C'était ingénieux et efficace... Sur la terre ferme, tout paraissait calme, il faut dire que dans notre char, nous n'entendions strictement rien à part le bruit du moteur et des chenilles.. La 51e Highland se trouvait dans le convoi précédant le notre, nous étions presque sûrs qu'il avaient essuyé des pertes car la plage semblait nettoyée et vide de resistance ennemie.Nous étions placés en soutien de la 153e brigade. Nous ne nous sommes pas eternisés, nous avons foncé, dans notre "Canback" (C'était le nom de mon Firefly, ce qui à peu de choses près signifie "Trompe la mort"...), je ne me souviens que d'une succession de haies et de bocages, l'horizon se retrécissait au fur et à mesure que nous avançions... Les premiers jours, nous fûmes utilisés pour couvrir l'infanterie, car en raison du terrain, nous ne pouvions être déployés... Les premiers jours de la contre attaque Allemande ont été mon baptême du feu . Lorsqu'un char s'enflamme en pleine nuit, à cent mètres de vous, on s'en souvient toute une vie... Notre moral était toujours très élevé, mais nous avions compris que nos chars (sauf les "17 pounds") étaient inefficaces face aux blindés lourds ennemis, nous ne tenions pas le coup... un nombre très important de nos engins fut ainsi détruit.
..."j'ai participé
à toutes les opérations avec mon régiment : Epsom,
Charnwood,Goodwood, Totalize... Nos effectifs fondaient comme neige
au soleil, les chars Allemands -quelquefois- et les armes antichars
-souvent- nous causèrent des pertes innombrables, durant
toute la bataille des haies... Les combats étaient âpres et
les premiers jours passés, tout sentiment de compassion pour l'ennemi
finit par disparaitre, surtout vis à vis des unités blindées
S.S, dont le jeu favori était d'écraser nos camarades fantassins
du Rifle Battalion sous les chenilles de leurs tanks,
alors qu'ils se trouvaient neutralisés... Inutile de vous dire qu'en
retour, les "Rifles" faisaient peu de prisonniers...
Je n'ai vécu le débarquement de Normandie comme un évènement
positif que bien plus tard, car dans le feu de l'action, il n'est question
que de destructions et de souffrances... j'ai aussi ressenti ce sentiment
à chaque fois qu'il m'a fallu tirer sur une église (où
les snipers se trouvaient souvent)... Courant juillet, les pertes étaient
tellement lourdes que les 3 et 4èmes C.L.Y furent dissous pour devenir
le 3/4 C.L.Y. C'est sous cette forme que nous avons "bouclé" la
bataille de Normandie à Falaise. Cet épisode est encore mal
connu aujourd'hui, on s'intéresse surtout à la journée
du 6 juin. Pourtant, c'est à cet endroit, sur le bord de la Dive,
que j'ai assisté à la mort d'une bonne partie de l'armée
Allemande, littéralement anéantie par nos escadrilles de
Typhoons. En huit semaines, la bataille de Normandie a causé plus
de perte à notre ennemi que la bataille de Stalingrad en plusieurs
mois... Puis, les débris de l'armée Allemande tentèrent
de franchir la Seine, c'est ce qu'il firent grâce à une magistrale
erreur de Montgomery. Nous les avons suivis, presque à marche forcée
et sans nous arrêter, jusqu'à Amiens. Avec l'arrivée
de l'automne ce fut l'opération Market Garden, on m'a alors affecté
en tant que fantassin au 7e Hampshire, car nous n'avions plus assez de
chars, le 3/4 C.L.Y a été finalement dissous. Pour moi, la
guerre s'est achevée le 10 octobre 1944, à HETEREN, en Hollande.
Alors que nous étions en soutien du 5th Dorsets dont la mission
était de recueillir sur les bords du Wall les paras Britanniques
et Polonais, nous avons été bombardés par un avion
révolutionnaire, ne faisant aucun bruit d'approche : c'est un monoréacteur
Arado... J'ai été très sérieusement blessé
et transporté en France, où j'ai passé de longs mois
en convalescence. Puis, le 8 mai 1945 , le monde put enfin respirer ; mon
rétablissement etait en aussi bonne voie. J'ai appris quelque temps
plus tard que seuls cinq équipages des Sharpshooters étaient
sortis vivants de la campagne de France ; j'étais de ceux-là....
Propos recueillis entre mars 2000
et février 2001