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Merci à Dominique François, Président du cercle historique de l'US AIRBORNE, dont les travaux ont permis de concevoir cette page
Parachuté le 6 juin avec son régiment, appartenant à la 82e Airborne, Jack Schlegel s'illustrera d'emblée
dans l'embuscade tendue au général Allemand Falley, commandant la 91e D.I.

En 1943 au Camp Blanding en Floride.
         (Collection D. François)
Engagé volontaire dès 1941, Jack rejoint la nouvelle arme des parachutistes. Après avoir commencé l'entrainement à Camp Benning, puis à Fort Blending en 1943, Schlegel est affecté au 3e bataillon du 508e regimental infantery parachute (commandé par le colonel Roy Lindquist) . L'unité rejoint le camp Shanks à new York avant noël de cette même année. Puis, les choses s'accélèrent. Le 27 décembre 1943, le régiment est acheminé en bateau vers l'Irlande. Transportés à bord de l'U.S.S James Parker, les paras accostent à Belfast le 8 janvier 1944. Après un entrainement complémentaire, ils rejoignent ensuite Nottingham le 11 mars, en attendant le jour J.

Le 6 juin 1944 vers 01h00, le stick du caporal Schlegel survole la Normandie dans un C.47. La défense anti-aérienne Allemande prend violemment à partie les appareils alliés ; le moteur gauche du Dakota est touché, l'avion perd brusquement de l'altitude, les portes sont ouvertes tant les émanations d'essence sont insupportables. Les paras s'extirpent de l'appareil sans effectuer les vérifications d'usage. Jack saute en dernière position. Quelques secondes plus tard, l'appareil explose. La chute du stick aura duré moins de trente secondes, mais le sol gorgé d'eau amorti l'atterissage. Sans ce coup du sort, les paras avaient les os rompus...

L'histoire extraordinaire de Jack

Certains verront à travers ces lignes, la confirmation que dans notre vie
rien n'est du au hasard. D'autres encore pencheront pour le concours de
circonstances. Je laisse à chacun le soin d'interpréter ce qui suit.

Le 6 juin 1944, au cours de la nuit, Jack fait une halte dans une ferme afin de demander sa route. il est chaleureusement accueilli après avoir expliqué qu'il était "un américain parachutiste". Le fermier propose au petit groupe de partager une collation .En témoignage de reconnaissance, Jack offre son insigne de parachutiste à la femme du  Normand. Puis, il poursuit sa route. Dès lors, les combats ne lui permettront plus de revoir ceux qui l'avaient reçu à bras ouverts.

En juin 1984, Jack Schlegel retourne en France et part à la recherche de l'endroit, où quarante plutôt il avait fait sa halte. Mais il se perd et  s'arrête alors demander son chemin, car les lieux ont bien changé. Il entre dans une ferme explique ce qui motive sa démarche ; on le prie alors de rentrer dans une chambre, au chevet d'une vieille dame mourante. Celle-ci demande qu'on lui apporte sa boîte à mouchoirs. Elle l'ouvre et présente à Jack un insigne de parachutiste sur lequel il reconnait ses initiales. Paralysé par l'émotion , il réalise alors que cette femme est celle à qui il l'avait donné au matin du 6 juin 1944 !... La vieille dame lui confie enfin qu'elle avait toujours su qu'un jour le jeune Américain qui lui avait remis ce présent reviendrait. Elle pouvait maintenant quitter ce monde totalement comblée.

Malgré les années qui passent, Jack Schlegel retourne tous les ans en Normandie. Il est très attaché à cette région où il compte  de nombreux et vrais amis. 

En juin 1999 à Sainte Mère Eglise en compagnie d'Erwan, déjà fan des paras de la 82e.


Insigne Régimentaire du 508e PIR "The Red Devils"

Les Américains se regroupent progressivement, puis se portent après avoir fait le point vers Sainte Mère Eglise.
Le groupe rejoint d'autres éléments de l'unité sur la route de Picauville, près du chateau de Bernaville. C'est là qu'aura lieu l'embuscade, montée par le lieutenant Malcolm Brannen (Etat major/ 508e) et qui coutera la vie à Wilhlem Falley, commandant la 91e D.I de la Wermacht. Ce coup de main aura une incidence directe sur la suite des évènements dans le secteur d'Utah Beach, car il provoquera un flottement sensible dans le commandement de la division pendant plusieurs heures et retardera considérablement la contre attaque Allemande. A l'intérieur de la voiture de l'officier, Jack découvre un drapeau nazi qu'il cache dans une ferme et compte revenir le  chercher dans la journée (Aujourd'hui, ce drapeau est exposé au musée de Sainte Mère Eglise)

Quelque temps plus tard, alors qu'ils ont fait trois prisonniers, Jack et ses camarades sont pris à partie par un char ennemi et des éléments d'infanterie ; l'un des captifs s'élance vers le blindé en criant de cesser le feu. Encerclés, les parachutistes se rendent. Le groupe est conduit dans la cour d'un chateau, en compagnie de 250 autres prisonniers Américains. Tous sont transférés dès le lendemain vers St Lô. Mais, durant le trajet,le convoi est mitraillé par l'aviation alliée. 110 hommes seront tués ou blessés. Jack tente de s'échapper à la faveur de la confusion provoquée par l'attaque ; il est repris aussitôt... Par ailleurs, il tentera deux autres évasions sans plus de succès. Il est envoyé à Rennes où il sert d'interprète au docteur Enzinger. Celui-ci lui apprend l'avancée des troupes du Général Patton et lui explique que la guerre est maintenant perdue. Il remet un Schlegel un laisser passer pour rejoindre un autre hôpital de Rennes ; le para en profite pour prendre le large et rejoint les résistants Bretons. Deux jours plus tard, il se trouve derrière les lignes alliées et aura même le rare privilège de savourer un whisky en compagnie de Patton. En retournant vers Utah Beach, il fait une halte à la ferme où le drapeau pris aux Allemands est dissimulé ; celui-ci s'y trouve toujours... Quelques jours plus tard, le 508e PIR est embarqué vers l'Angleterre avant d'être de nouveau parachuté en Hollande en septembre 1944. Jack sera de l'expédition avant de combattre dans les Ardennes.