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Le général Leclerc et sa famille

BIOGRAPHIE

Fils d'une famille aristocrate terrienne de Picardie, Philippe de Hautecloque entre à la prestigieuse Ecole de  St Cyr le 10 octobre 1922 pour en sortir deux ans plus tard avec le grade de sous-lieutenant et une brillante 5ème place sur 344 élèves. Après un stage d'application à l'Ecole de Cavalerie de Saumur, il est affecté à Trèves où réside le 5e Régiment de Cuirassiers. La Moselle est trop calme pour tempérer les ardeurs du bouillant officier. Il obtient ainsi sa mutation au 8ème Spahis et part pour le Maroc. Après un passage à l'Ecole des Officiers Marocains où il devient instructeur, il concourt à la mise du pieds du 28e Goum à Mzizel. . Quelques mois plus tard Philippe de Hautecloque rejoint le 1er Chasseurs d'Afrique. Ces multiples expériences l'auront fait connaitre des soldats Marocains, ce qui expliquera leur confiance absolue envers "leur Général" quelques années plus tard. De retour en France, il passe avec succès son brevet à l'Ecole de Guerre, qu'il obtient avec  à la clé une place de major de promotion, le 15 septembre 1939. Quelques jours plus tard, la guerre éclate. Il est alors affecté avec le grade de capitaine à l'état major de la 4ème DI. Les rêves de baroud du jeune de Hautecloque s'évanouissent rapidement, au milieu d'une armée sans chefs et sans chars .Il assiste à l'effondrement de l'Armée Française de Lille.


l y est blessé puis fait prisonnier le 1er juin 1940, mais parvient à s'évader quelques semaines plus tard. Après avoir traversé la France, puis l'Espagne à bicyclette, dans une Europe clouée sous la botte nazie, Philippe de Hautecloque rallie l'Afrique Equatoriale en 1940, avec pour mission de lui faire rejoindre la France combattante. Entouré d'une poignée d'hommes  sous-équipés, mais avec un courage admirable celui qui est devenu "Leclerc" ne tarde pas à faire des miracles. Après un premier raid sur Mourzouck avec le "Long Range " des SAS Britanniques en janvier 1941, où le capitaine d'Ornano est tué, il tente de prendre le fort de Koufra, tenue par une garnison Italienne de 1200 hommes. Face à cette grosse unité, il ne dispose que de 400 hommes, quelques dizaines de véhicules et un antique canon de 75mm. Là encore, la foi renverse les montagnes et Koufra capitule. C'est à cet endroit que sera prononcé le legendaire serment. Replacé dans son contexte, celui-ci  n'en a que plus d'envergure : vouloir reprendre Metz et Strasbourg, alors que la France n'a plus d'Armée -ou presque-  et que  l'on se trouve en plein désert du Sud Libyen... Qui oserait se fixer un but aussi démesuré, sinon Leclerc et ses Français Libres ?

Sur leur lancée, les "Frenchies" conquièrent le Fezzan à coup de Raids Eclairs, puis font tomber Tripoli. En 1943, la force L devient la 2ème D.B. Leclerc est promu au grade de général, à la tête d'une vraie unité constituée de 16.000 hommes, 4000 véhicules dont 160 Sherman M4A2 et M4 A3. Le temps pour le personnel de s'instruire au service de ce matériel flambant neuf, dans la poussière d'Assi BenOkba, et la division est transférée à Glasgow et Hull en avril 1944. En effet; le 5 de ce mois, le général Giraud reçoit confirmation, ainsi qu'il l'a demandé aux alliés, qu'une grande unité Française participera aux opérations dans le nord de la France. Ce sera la 2ème DB

en 1941, dans le Fezzan. On reconnait le futur Général Massu au centre de la photo.

. Dès le lendemain, l'ensemble de la division est mise en alerte alors qu'elle se trouve au Maroc. Le 7 avril, elle est passée en revue par le général de Gaulle. Le 11 avril, les opérations d'embarquement avec débutent avec le chargement du matériel pour s'achever le 20 avec l'acheminement du personnel. Le convoi est formé des Francophonia, Capetown, 6 liberty ships et 21 landing ship tanks. Le 22 avril, la 2e DB arrive enfin au Pays de Galles (Swansea et Port Talbot) après 10 jours d'une traversée monotone. Le 1er juin, l'ensemble est enfin regroupé au nord de Hull, en Angleterre. Tout est prêt et à pied d'oeuvre pour la reconquête du sol national. Pourtant, le 6 juin 1944, le débarquement a lieu en Normandie, mais sans Leclerc et ses hommes. La nouvelle fait l'effet d'une bombe dans les rangs Français. Au grand dam de Leclerc,  Il n'y a pas de place pour la Division Française en raison de l'exiguité du bocage Normand, incontournable restriction aux manoeuvre de grande échelle. Le desespoir succède au désir d'en découdre enfin avec l'occupant nazi. Le mois de juin se passe donc dans la morosité, mais ce n'est finalement qu'un sentiment de courte durée car dès les premiers jours de juillet 1944, ordre est donné d'orner les véhicules de l'étoile blanche ; c'est l'agrément tant attendu, passeport visible de toutes les unités intégrées au corps expéditionnaire. Les opérations d'embarquement pour le continent débutent dès le 20 pour se finaliser le 29 avec l'acheminement de la 2ème D.B vers les Marshalling Areas. Le 31 juillet vers 18h00, les premiers élements posent enfin le pied sur le sable de Utah Beach. La Division Leclerc entre dans la bataille.